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Plan social chez Airbus: que peut faire l'Etat pour éviter la saignée?

Logo d'Airbus au siège de Blagnac, le 30 juin 2020

Logo d'Airbus au siège de Blagnac, le 30 juin 2020 - REMY GABALDA © 2019 AFP

Si l'Etat français est actionnaire d'Airbus à hauteur de 11%, le gouvernement ne veut pas intervenir dans les affaires internes de l'avionneur mais estime que sa politique va permettre de limiter la casse.

15.000 emplois supprimés dont 5000 rien qu’en France. Airbus qui traverse la pire crise de son histoire vient d’annoncer un plan social jamais vu dans le secteur. Au total, ce sont 11% des effectifs du groupe (plus de 10% en France) qui vont devoir quitter l'entreprise.

La crise que traverse le secteur est d’une violence inouïe: le trafic aérien s’est effondré et ne devrait pas repartir avant 2023 au mieux et plus probablement en 2025. Les compagnies aériennes sont toutes soutenues par les Etats pour ne pas faire faillite, les carnets de commandes des avionneurs se vident et Airbus a perdu 40% de son activité. Dans ce contexte, Airbus (mais aussi Boeing aux Etats-Unis avec 16.000 suppressions de postes) joue sa survie.

L'Etat peut-il intervenir pour limiter la casse? La France qui est via le fonds public Sogepa actionnaire d’Airbus à hauteur de 11% (comme l’Allemagne d’ailleurs) n'empêchera pas le plan social. C’est en tout cas la ligne qu’a rappelé le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari ce matin sur BFMTV. "Je veux être un homme politique réaliste: il y a un contexte qui est celui de l’effondrement du transport aérien. Ce sera une période difficile", assure fataliste le secrétaire d'Etat.

Pour autant le gouvernement assure qu’il n’est pas resté les bras croisés: selon Jean-Baptiste Djebbari assure que la politique mise en place va permettre d’atténuer le plan social. Selon le gouvernement ce seront entre 1000 et 2000 suppressions qui pourront ainsi être évitées. Le chiffre de 5000 suppressions en France pourrait être finalement moindre.

2000 postes sauvés grâce aux mesures de l'Etat?

Principalement grâce à l’activité partielle longue durée, espère le gouvernement. Dévoilée la semaine dernière, cette mesure va permettre aux salariés de pouvoir rester jusqu’à deux ans, en partie sans travail, pour garder leur emploi. Au secrétariat d’Etat aux Transports on a pris la calculette cette nuit et on a estimé que cette mesure permettrait de sauver 1500 emplois sur les 5000 suppressions en France.

Mais l’Etat a aussi prévu des mesures spécifiques avec le grand plan aéronautique. D’abord en aidant Air France à hauteur de 7 milliards d’euros, un des plus gros clients de l'avionneur européen. Mais aussi en aidant directement le groupe. D’abord en tant que client: le gouvernement a passé pour 832 millions d’euros de commandes publiques avec des avions militaires et des hélicoptères civils pour la police.

Enfin en investissant à hauteur de 1,5 milliard d’euros dans le projet Corac qui travaille sur le développement de l’avion du futur sans kérosène. Grâce à cet investissement, ce sont 500 postes d’ingénieurs qui pourraient être sauvés chez Airbus selon le secrétariat d'Etat aux Transports.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco