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Airbus avertit ses salariés de mesures à venir "amères" et "difficiles" pour l'emploi

Selon Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus, le niveau de trafic aérien de 2019 ne sera pas retrouvé au niveau mondial avant 2023 "au mieux", "voire 2025.

Selon Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus, le niveau de trafic aérien de 2019 ne sera pas retrouvé au niveau mondial avant 2023 "au mieux", "voire 2025. - REMY GABALDA © 2019 AFP

De nouvelles réductions de cadence de production sont à envisager pour Airbus qui pourrait être amené à prendre des décisions "amères" et "difficiles" pour l'emploi "avant fin juillet", a prévenu Guillaume Faury, le président exécutif de l'avionneur européen.

Dans une lettre ouverte adressée aux près de 135.000 salariés d'Airbus et publiée par La Tribune, Guillaume Faury leur indique qu'il a "l'intention de revenir" vers eux "avant fin juillet avec plus de détails" sur le "plan d'adaptation" du groupe. Ce dernier a déjà réduit de 40% sa production pour 2020 et 2021 comparé aux prévisions précédentes pour ces deux années, afin de faire face à la crise du Covid-19.

Airbus employait 134.900 salariés à fin décembre 2019, dont 48.000 en France, 46.000 en Allemagne, 13.500 au Royaume-Uni et 12.700 en Espagne.

"Pas de reprise du trafic aérien au niveau de 2019 avant 2023"

Selon le président exécutif de l'avionneur européen, le niveau de trafic aérien de 2019 ne sera pas retrouvé au niveau mondial avant 2023 "au mieux", "voire 2025". "La crise du secteur de l'aviation sera longue et d'une ampleur telle qu'elle nécessite que nous prenions des mesures plus importantes" que celles déjà prises chez Airbus, explique le dirigeant.

"L'ampleur de la crise du Covid-19 pour notre secteur impose à Airbus de s'adapter. Cette adaptation signifie en fait une réduction significative du format de notre entreprise. Après des décennies de croissance ininterrompue, c'est une véritable épreuve. Elle nous contraint à des décisions amères", ajoute t-il dans sa lettre. "Ces décisions sont malheureusement nécessaires pour protéger l'avenir de notre entreprise", estime le dirigeant.

Devant des cadres du groupe, il avait déjà indiqué qu'un plan de restructuration comprenant des suppressions d'emplois serait nécessaire. "Nous sommes déterminés à préserver autant que possible le savoir-faire de l'entreprise", souligne néanmoins Guillaume Faury, "c'est aussi ce qui explique que nous ne nous soyons pas précipités pour annoncer quoi que ce soit plus tôt".

De son côté, l'avionneur américain Boeing, qui était déjà empêtré depuis plus d'un an avec les déboires de son Boeing 737 MAX, a de son côté annoncé fin avril 2020 la suppression de 10% de ses effectifs, soit 16.000 emplois.

Le Canadien Bombardier compte réduire ses effectifs de 2.500 postes, quand aux motoristes aéronautiques General Electric et Rolls Royce, ils ont annoncé respectivement 12.600 et 9.000 réductions d'effectifs.

F.B avec AFP