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Pêche post-Brexit: la France menace de retarder un protocole d'accord financier avec Londres

Le Royaume-Uni a publié une liste de 41 navires français, sur 344 demandes, autorisés à pêcher dans les eaux de Jersey, en imposant de nouvelles exigences

Le Royaume-Uni a publié une liste de 41 navires français, sur 344 demandes, autorisés à pêcher dans les eaux de Jersey, en imposant de nouvelles exigences - Sameer Al-DOUMY

Pour inciter le Royaume-Uni à respecter ses engagements sur la pêche, la France envisage de retarder un accord sur l'accès des entreprises britanniques aux marchés financiers européens.

Les tensions qui entourent les conditions de pêche imposées aux marins français après le Brexit montent d'un cran. Selon l'agence Reuters, la France songerait à retarder un accord sur l'accès des entreprises britanniques aux marchés financiers européens pour mettre la pression sur le Royaume-Uni, et l'inciter à respecter ses engagements en matière de pêche.

Mais cette dispute, qui restait jusqu'à présent circonscrite aux eaux britanniques, semble donc en passe de prendre une dimension supérieure.

"Il ne s'agit pas que de la France et pas que de la pêche ! Le Royaume-Uni doit appliquer pleinement les accords qu'il a signés, ce qui n'est pas le cas actuellement, sur la pêche et d'autres questions importantes", a insisté une source européenne auprès de Reuters.

Un accord menacé

Le protocole d'accord financier, pris dans le feu croisé des intérêts des pêcheurs français et des autorités britanniques, a été conclu le 26 mars entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Il encadre la coopération sur la réglementation des services financiers après le Brexit. Mais il doit encore être approuvé et signé par les 27 Etats membres de l'UE.

Annick Girardin souhaite un report des restrictions

Selon Paris, le Royaume-Uni a publié la semaine passée une liste de 41 navires français, sur 344 demandes, autorisés à pêcher dans les eaux de Jersey, mais celle-ci s'accompagnait de nouvelles exigences "qui n'ont pas été concertées, discutées ni notifiées avant" dans le cadre de l'accord.

Mardi dernier, la ministre de la Mer Annick Girardin avait provoqué l'indignation de Londres et Jersey en affirmant que Paris était prêt à recourir à des "mesures de rétorsion" si les autorités britanniques s'obstinaient, faisant allusion à d'éventuelles répercussions sur le "transport d'électricité par câble sous-marin" qui alimente l'île à partir de la France.

Mercredi, elle a dit souhaiter un report à fin septembre des restrictions dont sont assorties les licences délivrées aux pêcheurs français pour les eaux de Jersey, afin de pouvoir négocier dans un "climat apaisé", selon un courrier dont l'AFP a pris connaissance mercredi.

"Garantir un climat apaisé"

Jersey a proposé de reporter à fin juillet ces restrictions techniques jugées "inadmissibles" par Paris, ce qui a permis de reprendre le processus de négociations, après apaisement des tensions diplomatiques entre Londres et Paris.

"Pour garantir un climat apaisé aux négociations, l'ensemble des licences pour les îles anglo-normandes doivent être renouvelées jusqu'au 30 septembre sans nouvelles exigences", a écrit Annick Girardin
Samuel Kahn