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Masques chirurgicaux et FFP2: un nouvel industriel va en produire en France

Des masques FFP2 ( image d'illustration)

Des masques FFP2 ( image d'illustration) - Fred Dufour

L'entreprise prévoit de produire une quinzaine de millions de masques chirurgicaux et entre cinq et dix millions de masques FFP2 par an sur son site basé dans l'Ain.

Le concepteur d'équipements de protection individuelle Coverguard se lance à son tour dans la fabrication de masques chirurgicaux et de masques respiratoires de type FFP2, dont le gouvernement souhaite relocaliser la production en France.
Deux lignes de fabrication dédiées, ayant nécessité un investissement d'un million d'euros, ont été mises en service sur son site de Miribel Les Echets (Ain), aux portes de Lyon. Une option a été posée pour en acquérir deux supplémentaires, précise la société dans un communiqué publié mardi.


Coverguard prévoit de produire une quinzaine de millions de masques chirurgicaux par an, alors que le gouvernement ambitionne de porter la capacité de production française à quelque 2.500 millions de pièces. La société ambitionne de produire également entre cinq et dix millions de masques FFP2 par an. Ces chiffres peuvent paraître modestes, mais ils traduisent un "changement important" pour l'entreprise, qui sous-traitait jusqu'ici en Asie et en Europe de l'Est la fabrication des produits qu'elle conçoit, a indiqué à l'AFP son PDG Brice de La Morandière.

Quatre producteurs ont signé un contrat avec l'Etat

"Nous étions en train de réfléchir à une intégration verticale plus importante mais plutôt en Europe. Et le Covid est arrivé et on s'est dit: +Pourquoi pas en France+?" "On peut produire en France au prix du marché à partir du moment où la matière première des masques (le polypropylène soufflé par fusion, NDLR) retrouve ses niveaux pré-Covid", a expliqué celui qui dirigeait le numéro un français des équipements de protection Sperian au moment de son rachat par l'Américain Honeywell. Avec des racines vieilles de 85 ans, Coverguard réalise des ventes de l'ordre de 125 millions d'euros, avec 270 salariés. La société appartient depuis 2015 à la holding d'investissement de la famille Dentressangle.

Avant la crise du Covid-19, qui a montré la faiblesse du dispositif industriel français en matière d'équipements de santé, le pays ne comptait que quatre producteurs de masques chirurgicaux - Komi-Holpen, Valmy, Paul Boyé Technologies et Macopharm - pour une production d'environ 180 millions de masques par an, relevée progressivement pendant l'épidémie. Quatre autres producteurs, qui ont signé un contrat avec l'État, les ont rejoints à la mi-mai: les Celluloses de Brocéliande (Morbihan), Savoy International (Haute-Savoie), BB Distrib (Vosges) et BioSerenity (Aube). M. de la Morandière s'est dit prêt à signer un contrat de ce type avec l'État, mais a souligné que la production de son groupe n'était pas "du tout uniquement destinée à des commandes gouvernementales".

C.C. avec AFP