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Production de masques: comment l'Etat va soutenir la création d'une filière française autosuffisante

La Nouvelle-Calédonie structure une filière de production de masques

La Nouvelle-Calédonie structure une filière de production de masques - AFP

Le ministère de l'Economie vient de lancer un appel à manifestation d'intérêt pour créer sur le sol français de nouvelles unités de production capables de fournir la matière première nécessaire à la fabrication des masques de protection.

"Il nous faut (…) produire davantage en France, sur notre sol". Le 31 mars, Emmanuel Macron rappelait la nécessité de rapatrier la production de certaines industries alors que la crise sanitaire du coronavirus a mis en lumière l’extrême dépendance de la France à la Chine dans des secteurs pourtant stratégiques. 

La France ne comptait par exemple que quatre producteurs de masques respiratoires au début de la crise. Si ces derniers ont intensifié leur production pour produire 10 millions de masques par semaine, cela reste insuffisant face à la demande nationale, rappelle L’Usine Nouvelle

Autosuffisance

De nouvelles entreprises, à l’image de Brocéliande, Savoy ou Chargeurs, participent depuis à la production de masques médicaux sur le sol national. Mais encore faut-il qu’elles puissent se fournir en matière première et notamment en meltblown, le tissu non tissé indispensable à leur fabrication. 

Or, seul Fiberweb, filiale du groupe Berry, produit actuellement ce matériau dans l’Hexagone. Insuffisant là-encore pour permettre à tous les producteurs de masques de s’approvisionner. C’est pourquoi le ministère de l’Economie a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour faciliter le développement d’unités de production de meltblown mais également de membranes par électrofilage en France, révèle L’Usine Nouvelle. Avec l’objectif d’atteindre l’autosuffisance fin 2020. 

30% des investissements subventionnés

Cet appel s’adresse en outre aux entreprises désireuses de produire des matériaux innovants qui pourraient constituer une alternative au meltblown. Bercy, qui prévoit un enveloppe de 40 millions d’euros pour soutenir les différents projets, promet de subventionner 30% des investissements nécessaires à leur réalisation.

Les différents projets seront ensuite étudiés pour sélectionner les entreprises éligibles. Un plan sera enfin établi pour "définir des mécanismes de soutien à même d’assurer l’émergence d’un marché pérenne". Les entreprises candidates ont jusqu’au 30 juin pour répondre à l’appel de Bercy. 

Paul Louis