BFM Business

Malgré les tensions politiques, Huawei n'a pas l'intention d'abandonner la France

Le Royaume-Uni a annoncé le 14 juillet qu'il allait expurger son réseau 5G de tout équipement produit par le géant chinois Huawei

Le Royaume-Uni a annoncé le 14 juillet qu'il allait expurger son réseau 5G de tout équipement produit par le géant chinois Huawei - DANIEL LEAL-OLIVAS © 2019 AFP

Le géant chinois, exclu de facto de la course pour la 5G, veut continuer à investir massivement en France, notamment en installant une usine de fabrication d'équipement. "La priorité en France n'est pas l'enjeu commercial" assure sa porte-parole aux Echos.

L'étau se resserre pour Huawei. Le géant chinois voit, depuis les accusations d'espionnage de la part de Donald Trump, le nombre d'obstacles face à lui s'allonger. Depuis la semaine dernière, le fabricant de smartphone ne peut plus produire son processeur Kirin 9000, équipé de technologies américaines.

Du côté de la 5G, la liste des pays l'excluant des appels d'offres ne cesse de grossir. En France, le groupe chinois n'est pas interdit mais rejeté de facto par les opérateurs. Ce qui n'empêchera pas Huwaei de continuer à investir en France, comme l'explique, dans Les Echos, Linda Han, la responsable des affaires publiques de Huawei France.

"Cela fait dix-sept ans que nous sommes en France et nous y sommes pour longtemps encore" assure-t-elle, listant les centres de recherche déjà ouverts sur le territoire et les boutiques qui ouvriront prochainement.

Sans compter l'installation de la fameuse usine de fabrication d'équipement, annoncée en début d'année. "Nous allons finaliser l'achat du terrain avant la fin de l'année pour commencer la construction en 2021, avec une ouverture prévue en 2022" indique Linda Han. "La priorité en France n'est pas l'enjeu commercial."

En réalité, Huawei voit en la France "un pays stratégique" pour sa chaîne d'approvisionnement. "Plus de 300 entreprises françaises sont nos fournisseurs" rappelle la porte-parole. "Nous avons acheté pour plus de 2 milliards d'euros de produits et services français en quatre ans. Nous prévoyons de doubler ce chiffre dans les quatre prochaines années, notamment avec l'ouverture de notre usine."

Quant aux questions de sécurité, le groupe promet la transparence :

"Nous sommes prêts à partager notre expérience et à passer tous les tests que souhaitera effectuer l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information" explique Linda Han.
Thomas Leroy Journaliste BFM Business