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Les femmes travaillent "gratuitement" à partir de ce mercredi 16h16

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teletravail - Vincent Weinebeer

En raison des inégalités salariales entre les hommes et les femmes, ces dernières perdent 39,2 jours ouvrés de travail rémunéré, selon le collectif Les Glorieuses.

Les inégalités de salaires ont la vie dure. Même si le gouvernement a affiché l’objectif que les femmes soient aussi bien payées que les hommes dans les entreprises d’ici la fin du quinquennat, les écarts de salaire sont toujours là. A poste équivalent, les femmes sont payées 15,5 % de moins que les hommes, selon des données Eurostat de 2020.

Le collectif Les Glorieuses a ainsi calculé qu’en raison de cette inégalité, à partir ce de 4 novembre, 16h16, les femmes travaillent "gratuitement". Elles perdent 39,2 jours ouvrés de travail rémunéré cette année. Un chiffre qui n’a pas diminué ces cinq dernières années, date à laquelle le collectif s’est emparé du sujet.

Pourtant les mentalités sont favorables à un traitement équitable et à davantage de solidarité: 98% des femmes et 88% des hommes pensent que "c’est une honte" que les femmes soient moins rémunérées que les hommes, selon un sondage effectué par Les Glorieuses. 72% des répondants "homme" seraient prêts à partager le montant de leur rémunération pour faire avancer la cause de l’égalité salariale. Ils sont également 80% à considérer que le gouvernement devrait rendre obligatoire la transparence de la grille salariale au sein des entreprises.

Revaloriser les métiers du soin

Cette année est particulière car la crise sanitaire, et ses répercussions sociales et économiques, risque d'aggraver les choses.

"La crise sanitaire a sollicité la résilience des femmes, plus que jamais en première ligne. Pourtant, le plan de relance de 100 milliards d'euros présenté par le Gouvernement ne les mentionne pas une seule fois. (..) la relance doit reposer sur une approche féministe et corriger les discriminations économiques envers les femmes. D'autant que les inégalités qu'elles subissent risquent d'empirer avec la crise du Covid", explique Rebecca Amsellem, docteure en Economie et fondatrice des Glorieuses dans un communiqué.

L’une des revendications est de revaloriser les salaires des métiers où les femmes sont les plus nombreuses comme les métiers du soin. Les aides à domiciles et aides ménagères et assistantes maternelles sont quasi toutes des femmes (97,7 %), de même que les secrétaires (97,6 %), les employées de maison (94,3 %), les enseignantes (65,7 %) ou encore les aides-soignantes, infirmières/sage-femmes (respectivement 90,4 % et 87,7 %).

Le collectif, via une pétition, veut aussi orienter le plan de relance vers plus de feminisme en demandant à conditionner l’accès aux marchés publics, l’obtention des subventions publiques et celui des prêts garantis par l’Etat au respect de l’égalité salariale au sein de sa structure.

Coralie Cathelinais Journaliste BFM Éco