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Pourquoi les femmes devraient s'arrêter de travailler ce mardi?

Pour la troisième année, le collectif les Glorieuses appelle à une mobilisation contre les écarts de salaires entre les hommes et les femmes. Du fait des inégalités de rémunérations, les femmes travaillent "gratuitement" dès 15h30 jusqu'à la fin de l'année.

Les inégalités de salaires ont la vie dure. Ce 6 novembre en est une date symbolique: selon les Glorieuses,un collectif féministe, les femmes travaillent gratuitement à partir de 15h35 jusqu'à la fin de l'année du fait de leur salaire inférieur aux hommes.

Pour établir ce calcul, le collectif s'est basé sur les chiffres d'Eurostat, qui établit que la différence de salaire horaire est de 15,2% entre les hommes et les femmes en France. "On a gagné trois jours par rapport à l'année dernière. A ce rythme-là, il faudra attendre des années pour que les inégalités soient résorbées", constate Rebecca Amsellem, fondatrice des Glorieuses. Pour elle il est donc essentiel de poursuivre et d'accélérer le mouvement. "La première édition, il y a trois ans nous a permis de mettre le sujet sur le devant de la scène. L'année dernière, c'était une édition pour conforter le mouvement. En 2018, il faut que les choses bougent", fait-elle valoir. 

Le mouvement appelle donc à passer le message sur les réseaux sociaux au travers du hashtag #6Novembre15h35. Une calculette a été mise en place, qui permet de connaître le salaire que l'on aurait, si l'on était une femme ou un homme. "C'est assez édifiant. C'est un outil qui marque bien les esprits et que l'on invite à partager", explique la fondatrice des Glorieuses.

Une pétition a aussi été lancée, pour appeler le gouvernement à agir. "Il y a beaucoup d'effet d'annonces sur le sujet, mais peu d'actions. Par exemple, Muriel Penicaud a annoncé que les entreprises auront 3 ans pour remédier aux inégalités salariales. Mais il y aura de nouvelles élections d'ici là, et il faudra relancer un nouveau cycle. On n'aura pas avancé", pronostique Rebecca Amsellem.

Les Glorieuses veulent la mise en place concrète de trois actions. La première concerne le congé paternité, qui devrait être équivalent à celui proposé aux mères, comme c'est déjà le cas en Suède. C'est souvent lors du premier enfant que les femmes voient leur carrière et leur rémunération ralentir. Si les pères pouvaient eux aussi partir pour s'occuper de leur progéniture, cela permettrait d'aller vers plus d'égalité dans la gestion de carrière.

Les Glorieuses souhaitent aussi instaurer la transparence des salaires, dans les entreprises de plus de 25 salariés. Une mesure qui va plus loin que celles proposées dans la Loi Pacte, où la transparence portera sur la publication du salaire moyen et médian par fonction. "Mais chacun peut aussi agir à titre individuel, en révélant son salaire afin de faire prendre conscience des inégalités", fait valoir la fondatrice des Glorieuses.

Enfin, le collectif souhaite aussi la création d'un certificat d'égalité, pour distinguer les entreprises qui paient leurs collaborateurs sans tenir compte de leur sexe.

Naturellement, le collectif des Glorieuses ne compte pas mettre en veille dès le 7 novembre. "La lutte c'est toute l'année, il faut continuer à faire circuler le message. Et nous réfléchissons déjà à de nouvelles actions pour l'année prochaine", conclut Rebecca Amsellem.

Coralie Cathelinais