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Les boutons Netflix ou Amazon Prime vont-ils être interdits sur les télécommandes?

Une mission de l'Assemblée nationale rendra ses conclusions fin janvier sur les nuisances éventuelles pour le PAF que procurent la présence de bouton de géants du streaming sur les télécommandes des téléviseurs et autres box internet.

La souveraineté française se joue-t-elle sur les télécommandes des téléviseurs? Les députés français ont deux mois pour se prononcer. La Commission des affaires culturelles de l'Assemblé nationale a en effet lancé selon Les Echos une "mission flash", soit une commission d'enquête parlementaire rapide qui rendra un avis fin janvier.

Les députés missionnés vont devoir évaluer les conséquences de la présence de boutons Netflix, Disney+ ou encore Amazon Prime qui fleurissent sur les télécommandes depuis que ces services de streaming se sont fortement développés dans l'Hexagone.

Alors qu'il s'est vendu en 2020 quelque 3,3 millions de téléviseurs connectés (+35% par rapport à 2019), de plus en plus de Français profitent des facilités offertes par les constructeurs comme Samsung pour accéder à leurs services de vidéo préférés. Ainsi ils se détournent progressivement des chaînes de télévision hexagonales.

Pour placer "leurs" boutons sur les télécommandes, les grands acteurs mondiaux de la vidéo signent des contrats avec les fabricants de téléviseurs. C'est Netflix qui le premier a signé ces deals avec des fabricants. La première apparition d'un bouton Netflix date de 2011. Selon Bloomberg, certains fournisseurs de services facturent 1 dollar par client à Netflix pour mettre un bouton sur la télécommande.

"Une visibilité appropriée"

Un business lucratif donc mais qui désavantage les chaînes et les services français comme Salto qui n'ont pas les moyens de signer de tels deals. Idem pour leur présence sur les écrans d'accueil -notamment des box internet françaises- qui est de plus en plus réduite en faveur des offres de streaming américaines.

Sur ce dernier point, les acteurs du PAF ont néanmoins obtenu gain de cause. Un nouvel article a été ajouté à la loi de 1986 sur l'audiovisuel qui prévoit que les interfaces des téléviseurs, enceintes et autres appareils connectés assurent une "visibilité approprié" des services d'intérêt général français. Sous peine de mise en demeure et de sanction.

Reste à savoir comment sera interprétée cette notion de "visibilité appropriée" de même que celle d'"intérêt général".

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco