BFM Business

Le Wall Street Journal dévoile une photo du caisson dans lequel Ghosn se serait caché pour fuir le Japon

Le quotidien américain vient de dévoiler une photo de la malle dans laquelle se serait caché Carlos Ghosn pour quitter sa résidence tokyoïte et rejoindre le Liban. De leur côté, les autorités japonaises viennent de réagir à cette fuite "injustifiable".

Près d'une semaine après la fuite de Carlos Ghosn du Japon vers le Liban, les conditions de cette fuite rocambolesque demeurent troubles. Un nouvel élément révélé samedi par le Wall Street Journal pourrait néanmoins permettre d'en savoir davantage sur la façon dont l'ancien PDG de Renault-Nissan est parvenu à quitter Tokyo, où il était en liberté sous caution depuis fin avril 2019, dans l'attente de son procès pour malversations financières présumées.

Le quotidien américain affirme que Carlos Ghosn s'est caché dans une malle au cours de sa fuite. Il s'agirait d'un caisson de matériel audio percé de trous pour lui permettre de respirer. Après avoir quitté sa résidence tokyoïte, il aurait rejoint l'aéroport d'Osaka pour s'envoler à bord d'un jet privé à destination de la Turquie. Il aurait été accompagné par un ancien Béret vert des forces spéciales américaines, désormais actif dans la sécurité privée, Michael Taylor et par George Antoine Zayek, qui travaille lui aussi dans la sécurité, selon le quotidien. L'ancien magnat de l'automobile aurait ensuite rejoint un autre appareil pour gagner Beyrouth.

Un stratagème déjà démenti par Carole Ghosn

Cette photo du Wall Street Journal accrédite la piste avancée par plusieurs sources proches du dossier, lesquelles affirmaient que Carlos Ghosn avait effectivement fui le Japon en se cachant dans un étui géant d'un instrument de musique apporté par une équipe de barbouzes. Un stratagème pourtant démenti par l'épouse de l'ancien patron, Carole Ghosn. Carlos Ghosn a lui même affirmé avoir organisé "seul" son départ.

Vendredi, la compagnie aérienne privée turque MNG Jet a porté plainte après l'utilisation "illégale" de deux de ses appareils pour permettre à Carlos Ghosn de fuir le Japon.

Selon la compagnie, deux jets privés ont bien été loués en décembre à deux clients: l'un des appareils pour un vol Dubaï-Osaka, puis Osaka-Istanbul, et l'autre pour un vol Istanbul-Beyrouth.

"Ces deux locations n'avaient en apparence aucun lien entre elles. Le nom de Carlos Ghosn n'est apparu dans les documents d'aucun des deux vols", a affirmé MNG Jet, ajoutant que la compagnie opère les appareils mais n'en est pas propriétaire.

Fuite "injustifiable"

Ce dimanche, les autorités japonaises ont officiellement condamné la fuite de Carlos Ghosn, la qualifiant d'"injustifiable" et rejetant par la même occasion les accusations d'une justice japonaise "partiale" et bafouant les droits humains.

"Le système judiciaire pénal de notre pays dispose de procédures appropriées pour établir la vérité dans des affaires et il est administré correctement, tout en garantissant les droits humains fondamentaux. La fuite d'un accusé sous caution est injustifiable", a déclaré dans un communiqué la ministre japonaise de la Justice, Masako Mori.

Les autorités japonaises n'ont aucune trace d'une sortie du territoire de Carlos Ghosn et il est donc soupçonné d'avoir utilisé "des moyens illégaux" pour quitter le pays, a-t-elle rappelé. "Il est extrêmement regrettable que nous soyons arrivés à cette situation" a encore déploré la ministre. Elle a par ailleurs confirmé l'annulation de la caution de Carlos Ghosn et l'émission d'une "notice rouge" d'Interpol pour demander son arrestation.

Paul Louis avec AFP