BFM Eco

Le site alsacien d'Alstom craint pour sa survie si la fabrication des trains Intercités est confiée à l'espagnol CAF

Alstom monte au créneau pour dénoncer la menace qui plane sur l'avenir de l'usine alsacienne de Reichschoffen et ses plus de 800 salariés s'il n'obtient pas ce contrat.

Alstom monte au créneau pour dénoncer la menace qui plane sur l'avenir de l'usine alsacienne de Reichschoffen et ses plus de 800 salariés s'il n'obtient pas ce contrat. - François Guillot- AFP

Le constructeur ferroviaire espagnol CAF serait favori pour décrocher une commande de 100 trains Intercités pour la SNCF. Une décision qui mettrait en péril l'avenir de l'usine Alstom de Reichshoffen, et ses 800 salariés, alerte son PDG. Les syndicats ont envoyé une lettre à la ministre Élisabeth Borne.

La commande de la SNCF portant sur la construction de 100 trains Intercités, destinés au Paris-Limoges-Toulouse et Paris-Clermont, attise toutes les convoitises. Selon des informations de la lettre spécialisée Mobilettre, la victoire semblerait promise au constructeur ferroviaire espagnol CAF. Ce qui constituerait un sérieux revers pour Alstom, qui a également répondu à cet appel d'offres lancé en 2017 pour un budget prévisionnel de 800 millions d'euros.

Le constructeur ferroviaire français monte au créneau pour dénoncer la menace qui plane sur l'avenir de l'usine alsacienne de Reichschoffen et ses plus de 800 salariés, s'il n'obtient pas ce contrat. Le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge explique à la Tribune que "cette commande de trains Intercités représente, avec les options, dix années d'activité pour le site de Reichshoffen et l'ensemble des sites français qui fabriquent les composants." Selon lui, son offre est à la fois complète, compétitive et répond aux plus hauts standards technologiques.

La CAF dispose aussi d'une usine de fabrication en France

Les syndicats aussi sont dans l'inquiétude et ont décidé de lancer mardi un message d'alerte à la ministre des Transports Elisabeth Borne. "L'attribution du marché à notre concurrent espagnol risquerait de porter un coup fatal à l'avenir des sites fragilisés de Reichshoffen et Belfort ainsi qu'à la filière ferroviaire en Alsace et en Bourgogne-Franche-Comté", mettent-ils en avant.

Henri Poupart-Lafarge est dans le même état d'esprit: "sans cette commande, la charge du site serait durablement affectée, avec des conséquences en termes d'emploi. Je comprends les inquiétudes exprimées par les partenaires sociaux", déclare-t-il dans le quotidien.

"Si l'Etat décidait de commander des trains fabriqués en Espagne, ce serait son choix, mais cela enverrait un message très fort de défiance envers la filière ferroviaire française qui serait de facto affaiblie, avec un impact mécanique sur l'emploi en France", poursuit-il.

Le site de Reichschoffen a aujourd'hui de l'activité jusqu'en 2021-2022. S'il obtenait la commande de la SNCF, il devrait alors assurer la livraison des trains entre 2023 et 2025.

Mais la CAF dispose aussi d'une usine en France, à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Si le constructeur produit le matériel en Espagne il l'assemble dans son usine française, et de ce fait, s'il était retenu par la SNCF, cela aurait aussi des conséquences positives sur l'emploi. 

C.C.