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Le reconfinement ne fait pas flamber le nombre de factures impayées

Le taux de factures impayées reste à un niveau très élevé en France

Le taux de factures impayées reste à un niveau très élevé en France - Pixabay / FirmBee

Selon notre dernier tracker Sidetrade - BFM Business sur les retards de paiement des entreprises, les impayés sont stables au 9 novembre.

Alors que le premier confinement avait donné lieu à une montée quasi-immédiate des facture impayées, ces dernières restent stables au 9 novembre à 21% chez les donneurs d’ordre, perdant même un point en une semaine, selon la nouvelle édition de notre tracker sur les retards de paiement des entreprises*, réalisé par Sidetrade pour BFM Business.

Rappelons qu'avant la crise, cette proportion était de 19% et qu'au plus fort du confinement, elle était montée à 38%.

Le niveau d'impayés en France revient donc à un niveau quasi-normal malgré les nouvelles restrictions effectives depuis fin octobre. La hausse n'est plus que de 9% par rapport à la situation pré-covid.

4 milliards d'euros de plus dans les caisses des entreprises

Si l’on prend en compte le volume normal du crédit inter-entreprise en France, estimé par la Banque de France à 700 milliards d'euros, on estime désormais l’impact de la crise (depuis le 13 avril  2020) à 14 milliards sur la trésorerie des entreprises, ce qui représente, en une semaine, près de 4 milliards de plus dans la trésorerie de nos entreprises.

Selon Sidetrade, ces données "encourageantes" s'expliquent par des règles du second confinement plus souples. "L’économie n’est pas à l’arrêt complet, le PIB a rebondit de 18% au 3ème trimestre et les entreprises ont eu le temps de s’organiser, notamment en ce qui concerne le travail distanciel", explique le spécialiste.

Par ailleurs, les prêts garantis par l’Etat jouent à plein. Dans une économie globalement sous perfusion de fonds publics, et grâce au décalage des charges sociales et fiscales des entreprises, il est logique de voir un amortissement des défauts et retards de paiement.

Vers une nouvelle dégradation?

Néanmoins, le reconfinement est récent, "on ne peut malheureusement exclure que la situation se dégrade sensiblement dans les semaines à venir. Face à l’incertitude économique, des banques qui prêtent plus difficilement, les dirigeants pourraient être de plus en plus prudents, ce qui risque de limiter encore le flux de liquidités inter-entreprises, et donc d’aggraver les retards de paiement", prévient Sidetrade.

Côté secteurs les plus touchés, peu de changements, le commerce de détail reste à la première place avec une progression de +52% devant l'agro-alimentaire et la Finance/assurance/immobilier.

Les moins touchés sont l'information et la communication (-42%). Les services digitaux ont vu leur activité exploser avec le confinement, que ce soit auprès du grand public ou dans le monde de l’entreprise. Mais aussi, le secteur Loisirs/voyages/tourisme, mais la baisse de 11% s'explique par la crise historique subie par le secteur qui a entrainé une baisse drastique de la facturation qui, par voie de conséquence, engendre moins de défaillances de paiement.

Rappelons que notre outil est en libre accès pour l’ensemble des décideurs du privé et des pouvoirs publics et sera publié régulièrement sur le site de BFM Business. Vous pouvez également suivre en direct l'évolution de la courbe sur cette page pays par pays.

*Le tracker Sidetrade – BFM Business restitue, semaine après semaine, l’évolution des comportements de paiement de plus de 3,7 millions d’entreprises au sein de six pays européens (France, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Belgique, Pays-Bas). Sidetrade a analysé, depuis le 1er janvier 2020, plus de 26 millions de factures totalisant 54 milliards d’euros de transactions inter-entreprises. 

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business