BFM Business

Le plan de relance de 100 milliards sera-t-il suffisant pour relancer l'économie française?

Le gouvernement détaillera ce jeudi son plan de relance de l'économie française.

Le gouvernement détaillera ce jeudi son plan de relance de l'économie française. - AFP

Le gouvernement détaillera ce jeudi son plan de relance de 100 milliards d'euros. Certains craignent néanmoins que ce montant ne soit pas suffisant pour soutenir la reprise.

Un plan de relance "historique"? Après l'avoir reporté d'une semaine pour se concentrer sur la gestion sanitaire de la rentrée, le gouvernement détaillera ce jeudi son plan de relance de l'économie française. Ce plan de 100 milliards d'euros – "quatre fois plus que le plan de 2008, un tiers du budget de l'État", selon le Premier ministre Jean Castex – doit venir soutenir une reprise qui montre déjà des premiers signes d'essoufflement, et accélérer, sur deux ans, la transformation de l'économie tricolore.

Le plan, qui sera avant tout tourné vers le soutien aux entreprises, s'articulera autour de la souveraineté économique, des compétences, de la transition écologique et de la solidarité.

Mais, pour certains, l'Etat devrait mettre beaucoup plus d'argent sur la table pour espérer relancer la machine. "Le montant du plan devrait être beaucoup plus élevé. Il suffit de voir ce que les Allemands font: ils ont enterré - sans doute définitivement - leurs dogmes budgétaires et n'hésitent pas à frapper fort avec les aides d'Etat, pour relancer des pans entiers de leur industrie", a déclaré Alain Minc dans une interview aux Echos. "Le montant du plan d'investissement devrait être doublé, dès lors qu'on distingue investissements d'avenir et ce que j'appelle les dépenses 'pansements', comme le prêt garanti par l'Etat (PGE) ou l'activité partielle, qui sont aussi nécessaires", a ajouté l'économiste et essayiste.

"Je pense que le principe est bon, mais j'ai peur que le calibrage soit insuffisant. On ne va pas mettre suffisamment de fonds propres dans les bilans des entreprises, on ne va pas mettre suffisamment d'argent dans la formation, on ne va pas baisser suffisamment les impôts des entreprises", assurait de même ce lundi Patrick Artus sur le plateau de BFM Business.

"On a besoin de 60 milliards d'euros de plus dans les fonds propres des entreprises, il y a un million et demi de personnes qui vont changer d'activité, il y a la moitié des jeunes qui ne va pas trouver de boulot. Tout est trop petit par rapport à ce choc énorme que nous avons connu", a avancé le chef économiste de Natixis.

Baisse des impôts de production

Le plan intègrera notamment une baisse des impôts de production de 20 milliards d'euros, en deux temps, une enveloppe de 3 milliards d'euros en soutien aux fonds propres des entreprises ou encore un milliard d'euros consacré au financement d'appels à projets pour la relocalisation de certaines productions – mais aussi des aides à l'export, des soutiens à la transition numérique des entreprises, une dotation de 2 milliards pour le secteur de la culture et 6,5 milliards d'euros pour l'emploi des jeunes. Du côté de la transition écologique, soit 30 milliards d'euros en partie recoupés avec la somme allouée à l'industrie, l'exécutif donnera la priorité à la rénovation thermique et au fret ferroviaire.

Le plan de relance "devient un catalogue de mesures diverses et variées, qui vont être plus ou moins compréhensibles, et qui répondent plutôt à l'humeur du temps, à l'émotion – l'écologie, la solidarité, la souveraineté – et non pas aux nécessités économiques", déplorait encore la semaine passée Jean-Marc Daniel sur le plateau du Grand Journal de l'Eco.

"Il faut faire des choses simples pour aider les entreprises. On a déjà pris beaucoup de retard. Les entreprises ont usé, détruit leurs fonds propres. La seule solution, pour les aider, c'est de supprimer tous les impôts de production, que doivent toutes les entreprises indépendamment de la situation conjoncturelle", rétorquait l'économiste.

Le PIB français s'est contracté de plus de 5% au premier trimestre puis, plombé par le confinement, de 13,8% au deuxième trimestre, faisant entrer la France en récession. Sur l'ensemble de l'année, le PIB tricolore devrait plonger de 11% selon les prévisions du gouvernement.

J. B.