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Le conseil iconoclaste du Prix Nobel, Paul Krugman à Mario Draghi 

Paul Krugman estime que les politiques monétaires ont jusqu'à présent été peu efficaces

Paul Krugman estime que les politiques monétaires ont jusqu'à présent été peu efficaces - Philippe Lopez - AFP

Dans un entretien à Business Insider, le prix Nobel d'Économie 2008 remet en cause les politiques monétaires menées jusqu'à présent. Il demande à la BCE comme à la Fed de prévenir les marchés qu'elles n'engageront aucune hausse des taux tant que l'inflation n'atteindra pas 3%.

Mario Draghi et Janet Yellen superstars de l'Économie? C'est ce qu'affirme le prix Nobel d'Économie 2008 Paul Krugman dans un entretien à Business Insider Deutschland. "Nous vivons une situation bien singulière. Jamais les médias ne s'étaient autant focalisés sur l'action des banques centrales. Tout le monde fixe avec attention les prochaine décisions de la présidente de la banque centrale américaine, Janet Yellen, et de son homologue européen Mario Draghi (…). Nous vivons dans une époque de glorification des banquiers centraux".

Mais point d'admiration pour Paul Krugman. Il estime que "l'économie semble tellement mal en point" que même la politique monétaire actuelle, avec des taux d'intérêt proche de zéro, ne permet "pas d'arriver à nouveau au pleine emploi".

3% d'inflation comme objectif?

"Nous avons amplifié la politique monétaire dans une mesure encore inédite et nous avons appris que cela ne changeait pas grand-chose. Et malheureusement la politique monétaire ne s'est pas traduite par plus d'incitation à investir. C'est comme si nous avions démontré que la théorie était fausse. Et pourtant une politique basée sur une fausse théorie continue d'être mise en place. Nous avons besoin de changer le système", détaille celui qui est également éditorialiste au New York Times.

Comment ce changement peut-il se traduire? Paul Krugman invite les banquiers centraux à une véritable révolution copernicienne. Ils "doivent changer leur stratégie de communication: ne plus relever les taux jusqu'à ce que l'économie décolle et qu'un objectif d'inflation de 3% soit atteint", estime-t-il. À l'heure actuelle, la Fed comme la Banque centrale européenne ont un objectif de 2% d'inflation.

"Si les gens croient réellement que cela devient la stratégie de la BCE, cela peut avoir des effets assez importants", poursuit-il. Quant à Janet Yellen, il lui suggère d'aller "de 3 à 4%". Il considère que cela n'est pas de la pure psychologie, estimant qu"'on voit au Japon que cela peut marcher"

J.M.