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La Russie teste Poséidon 2M39, une torpille nucléaire capable de déclencher des tsunamis radioactifs

Deux sous-marins nucléaires russes pourraient transporter jusqu'à six torpilles Poséidon (photo d'illustration)

Deux sous-marins nucléaires russes pourraient transporter jusqu'à six torpilles Poséidon (photo d'illustration) - FRED TANNEAU

La Russie serait en phase de test pour Poséidon 2M39, une torpille furtive pilotable à distance capable de déclencher des raz-de-marée radioactifs.

En parallèle de la guerre des étoiles, celle des abysses se prépare. Tout aussi redoutable, elle s'appuie sur des armes tout autant perfectionnées que celles utilisées sur terre, dans les airs ou dans l'espace. Parmi elles, Poséidon 2M39, une torpille à propulsion nucléaire capable de traverser les mers tapie dans les fonds marins sans être détectée à une vitesse de 100 nœuds, soit 185,2 km/h.

Équipée d'une ogive de plusieurs mégatonnes 100 fois plus puissante que la bombe atomique larguée par les États-Unis sur Hiroshima, le rôle de Poséidon est de déclencher des tsunamis ou des raz-de-marée sur les côtes. Enfin, elle contiendrait du cobalt 60 pour amplifier les retombées radioactives.

Selon CNN, la contamination propagée avec des vagues dégagerait "des radiations pour rendre inhabitables pendant plusieurs décennies des pans entier des côtes".

Cette torpille peut être lancée depuis des navires ou des sous-marins. Selon le magazine Raids, deux submersibles seraient déjà en capacité de transporter chacun 6 Poséidon: le cuirassé submersible K-329 Belgorod et le Khabarovsk 09851. Mais une option permettrait de déposer aux fonds des mers cette bombe et la propulser à distance sur une cible, comme un drone sous-marin.

Évoquée dès 2015 par des officiers de la marine russe, la torpille Poséidon serait en cours de développement depuis 2018 dans une base russe de l'arctique. En 2019, des images ont même été diffusées sur les réseaux sociaux d'experts militaires.

En février, le président russe Vladimir Poutine a demandé à Sergei Shoigu, son ministre de la Défense, d'accélérer le programme pour réaliser des essais dès cette année, explique CNN. Aujourd'hui, le chef du renseignement norvégien, le vice-amiral Nils Andreas Stensønes, affirme que cette "arme de dissuasion nucléaire" est en "phase de test".

La puissance de Poséidon est-elle si dévastatrice que le présentent les experts russes ou est-ce une tactique d'intimidation de la Russie pour protéger la zone stratégique de l'Arctique? Et ainsi dissuader d'autres puissances de s'approcher des côtes russes où Moscou accélère l'installation de constructions militaires depuis plusieurs années, comme le témoignent des images satellites publiées par CNN?

Pour Katarzyna Zysk, professeure de relations internationales à l'Institut norvégien des études de défense, Poséidon est destinée à devenir un "atout dans les négociations sur le contrôle des armements". Pour cela, cette torpille doit "faire peur" (...) et ça marche".

C'est aussi dans l'Arctique, où ont été installées de nombreuses bases militaires russes, que le 7 octobre dernier, jour anniversaire de Vladimir Poutine, la Russie a testé "avec succès" le Zircon. Ce missile hypersonique peut atteindre des cibles à une distance de 1000 km à une vitesse de Mach 9.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco