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La restructuration d’Airbus vise deux tiers de cols blancs, un tiers de cols bleus

Les bâtiments du siège d'Airbus, à Blagnac, le 30 juin 2020

Les bâtiments du siège d'Airbus, à Blagnac, le 30 juin 2020 - REMY GABALDA © 2019 AFP

Les coupes prévues chez Airbus visent en majorité les "cols blancs", selon la CFTC. Deux tiers des 5000 suppressions de postes prévues les concerneraient, contre un tiers pour les "cols bleus".

Les quelque 5000 suppressions de postes prévues par Airbus en France doivent concerner "deux tiers de cols blancs et un tiers de cols bleus", a affirmé jeudi à l'AFP la CFTC, alors que la direction informait les syndicats au siège toulousain du détail des coupes prévues en France. Le syndicat FO précise par ailleurs que 3378 postes supprimés le seraient sur le site de Toulouse Blagnac.

"D'après les chiffres qu'on a vus, les suppressions de postes c'est deux tiers de cols blancs et un tiers de cols bleus", a affirmé Florent Veletchy, délégué syndical central à Airbus de la CFTC, 3ème syndicat du groupe.

Les sites de Saint-Nazaire et Nantes, affectés par les suppressions de postes

Selon le responsable syndical FO Jean-François Knepper. pour la production, 386 postes sont aussi visés à Saint-Nazaire et 484 à Nantes, sur un total de quelque 5.000 suppressions prévues sur l'ensemble de la France, un chiffré jugé "excessif" par le ministère de l'Economie et des Finances. La filiale Stelia, implantée à Rochefort, Mérignac, Méaulte et Saint-Nazaire, doit aussi perdre plusieurs centaines de postes, a précisé Jean-François Knepper, rendant compte de l'information communiquée aux syndicats par la direction du groupe, après l'annonce mardi d'un plan de suppression de quelque 15.000 emmplois dans le monde

"Tout le monde est impacté c’est du jamais vu", a-t-il relevé, rappelant que pour les principaux syndicats du groupe, la ligne rouge était d'éviter "les départs contraints pour toutes les catégories", alors que la direction n'a pas exclu des licenciements secs.

Un plan "excessif"

Il s'exprimait alors que se poursuivait un comité de groupe dans les installations de l'avionneur, à Blagnac, dans la périphérie toulousaine, au cours duquel la direction devait détailler les coupes prévues site par site en France après l'annonce mardi d'un plan social prévoyant la suppression de 15.000 postes dans le monde d'ici 2021.

En France, où le groupe compte 49.000 salariés, le ministère de l'Économie et des Finances a dénoncé un plan "excessif", tout comme les syndicats qui ont mis en cause une réaction à court terme, fragilisant les efforts de relance de l'avionneur une fois passée l'onde de choc sur la filière de l'épidémie de Covid.

"C'est une crise grave mais conjoncturelle, on a une charge d'activité pour dix ans", a souligné Florent Veletchy, exprimant aussi une "grande inquiétude pour le bassin de l'emploi" dans la région toulousaine, avec les dégâts attendus parmi les sous-traitants d'Airbus.
N.G. avec AFP