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La règle des 60% de dette publique "est un indicateur totalement dépassé"

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, le 5 janvier 2021 à Paris

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, le 5 janvier 2021 à Paris - ERIC PIERMONT © 2019 AFP

Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC ce mercredi matin.

Faut-il abandonner les règles budgétaires européennes? La pandémie a fait exploser les déficits et dettes de tous les pays européens. La barre du déficit sous les 3% du produit intérieur brut (PIB) n'est '"pas un chiffre magique" mais c'est un chiffre utile parce qu'il permet de stabiliser la dette des pays", a déclaré ce mercredi matin le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, qui était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC. "En revanche, il y a un indicateur qui est désormais totalement dépassé, il faut le reconnaître, c'est l'indicateur de dette publique à 60% [du PIB]".

"Ça avait du sens quand vous aviez des Etats qui étaient à 50%, d'autres à 60% de dette publique par rapport à leur richesse nationale. Aujourd'hui vous avez des Etats dans la zone euro, comme l'Allemagne, qui vont approcher très rapidement les 60% de dette publique (…). D'autres vont être à 120%, c'est le cas de la France, nous sommes à 118% en 2021. D'autres vont être à 160%, c'est le cas de l'Italie. A partir du moment où les niveaux de dette représentent des écarts de 100 points au sein de la zone euro (…) ce critère de 60% est dépassé", a estimé le ministre.

"Différencier la situation de chaque Etat membre"

"Je demanderais le moment venu, on ne va pas rouvrir maintenant les traités, qu'on puisse différencier la situation de chaque Etat membre de la zone euro plutôt que de soumettre tout le monde à un même critère qui, quand il s'éloigne trop de la réalité, n'a plus aucun sens", a poursuivi Bruno Le Maire. "Quand on commence à s'en éloigner trop, et à prendre des chiffres comme des références alors que les situations objectives sont déjà très loin de ces chiffres-là, ça perd tout son sens".

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV