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La hausse de 300% du salaire minimum au Venezuela reste insuffisante pour acheter un kg de viande

200.000 Bolivars

200.000 Bolivars - Federico PARRA

Le salaire minimum mensuel est passé à 7 millions de bolivars. Ce qui ne permet pas d'acheter un kilo de viande, trente œufs ou un kilo de fromage, la faute à une inflation incontrôlable.

Le gouvernement vénézuélien a annoncé samedi une augmentation du salaire minimum de près de 300%, mais cette hausse ne permet même pas d'acheter un kilo de viande en raison de l'inflation incontrôlable dans le pays sud-américain.

"Une augmentation du salaire minimum entre en vigueur, à 7 millions de bolivars", soit 2,5 dollars, a déclaré le ministre du Travail, Eduardo Piñate, devant des partisans du gouvernement socialiste rassemblés à l'occasion du 1er mai.

Le salaire minimum mensuel augmente ainsi de 288,8%. Il est complété par un coupon alimentaire de "3 millions de bolivars", pour un "revenu minimum de 10 millions de bolivars", selon le ministre.

Quatre années consécutives d'hyperinflation

Mais cette augmentation ne permet pas aux Vénézuéliens de rattraper leur pouvoir d'achat, alors que le pays est en crise, avec une économie en récession depuis huit ans et quatre années consécutives d'hyperinflation, laquelle a atteint près de 3.000% en 2020.

Le nouveau salaire minimum ne permet pas d'acheter un kilo de viande qui coûte 3,75 dollars dans une économie de plus en plus dollarisée. Il n'est pas suffisant non plus pour acheter une boîte de trente oeufs ou un kilo de fromage, qui coûtent 11 millions de bolivars. "Ce n'est pas la meilleure nouvelle pour un premier mai", a réagi auprès de l'AFP l'économiste César Aristimuño. "Cela va certainement provoquer un petit soulagement pour de nombreux Vénézuéliens, mais malheureusement ce que nous allons voir, c'est une hausse des prix", a-t-il ajouté.

Le gouvernement de Nicolas Maduro, frappé par des sanctions internationales, en particulier de Washington qui cherche à l'évincer depuis sa réélection contestée en 2018, a renoncé à annoncer les hausses de salaires en grande pompe comme le faisait son prédécesseur Hugo Chavez (1999-2013).

D. L. avec AFP