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La France est-elle à ce point dépendante des importations venues de Chine?

La Direction générale du Trésor qui a analysé quelque 5000 biens importés estime que seuls 12 catégories de produits généralement venus de Chine présentent "un risque de pénurie en cas de choc".

Masques, blouses, gants… La crise sanitaire a conduit à une prise de conscience des pays occidentaux dont la France sur leur dépendance à l’égard des économies asiatiques et en particulier chinoise. Une perte de souveraineté qui peut poser problème en période de crise et de ruptures des chaînes d’approvisionnement.

Une étude de la Direction générale du Trésor vient cependant relativiser ce constat. En effet, la France "dépend avant tout de l’Union européenne" pour sa production, rappellent les économistes du Trésor. Et si les importations chinoises ont effectivement augmenté ces dernières années, elles ne mettent pas nécessairement l’économie tricolore en situation de vulnérabilité qui se traduirait par un risque sérieux de pénurie.

"Faible" vulnérabilité

Dans son étude, le Trésor a analysé les importations d’environ 5000 catégories de produits. Résultat: "la vulnérabilité des importations françaises hors-UE apparaît comme faible", soulignent les auteurs du rapport. De fait, un peu plus de 1000 de ces produits dépendent majoritairement d’importations extra-européennes. En outre, ils dénombrent "seulement" 121 produits dont les importations sont essentiellement concentrées sur un faible nombre de pays fournisseurs non-européens. Il s’agit notamment des produits chimiques et pharmaceutiques, des produits métallurgiques ou encore de certains biens d’équipement comme les machines-outils.

Mais pour la plupart de ces produits dont un quart vient de Chine, il existe des alternatives car "l'offre mondiale (…) est assurée par un nombre suffisant de pays fournisseurs, il serait donc possible de diversifier les sources d'approvisionnements si nécessaire", note le Trésor.

12 produits "vulnérables"

Au final, "les importations de la France depuis les pays tiers sont moins vulnérables que celles de ses voisins européens", avec seulement 12 produits sont considérés comme "vulnérables", c’est-à-dire présentant "un risque élevé de pénurie en cas de choc", explique le Trésor. Il s’agit de biens pour lesquels il n’existe que très peu de fournisseurs, le plus souvent la Chine. Le Trésor cite "les lampes LED, les simulateurs de vol, les couvertures en fibre synthétique, deux catégories de plantes artificielles décoratives, certains meubles de jardin, quatre types de produits d’horlogerie, les graveurs ainsi que les objets d’antiquité".

Pour limiter les risques pesant sur les chaînes d’approvisionnement, les économistes du Trésor appellent les entreprises à "mettre en place des stratégies de sécurisation, passant notamment par une diversification de leurs fournisseurs". Les pouvoirs publics doivent également jouer un rôle en adoptant à leur tour une "stratégie publique de sécurisation pour ces bien ou secteurs sensibles" afin de "combiner la recherche d’une plus grande diversification des canaux d’approvisionnement et des fournisseurs, la constitution de stocks de sécurité, le développement du recyclage, et si nécessaire un soutien public au développement de nouvelles capacités productives sur le territoire".

C’est en partie ce que prévoit le plan France Relance à travers son volet "Relocaliser". 600 millions d’euros ont ainsi été réservés au soutien à l’investissement sur certains secteurs stratégiques comme la santé, l’agroalimentaire, les télécommunications ou l’électronique.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco