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La FNSEA redoute que la France ne puisse plus subvenir seule à ses besoins alimentaires dès 2023

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert, à l'université d'été du Medef, à Paris le 27 août 2020

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert, à l'université d'été du Medef, à Paris le 27 août 2020 - ERIC PIERMONT © 2019 AFP

Dans un entretien au JDD, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert met en garde contre la hausse des importations alimentaires. Le syndicat agricole organise mardi un sommet sur la souveraineté alimentaire.

Comment assurer la souveraineté alimentaire de la France, alors que les importations de denrées augmentent sans cesse? Cette question, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) va tenter d'y répondre mardi 18 mai, lors d'un sommet dédié à cet enjeu crucial.

Le président de la République Emmanuel Macron, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton et la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher y sont attendus

"La pandémie a révélé nos fragilités", dénonce ce dimanche la présidente de la FNSEA Christiane Lambert dans une interview au JDD. "60% des fruits que nous mangeons sont importés, la moitié des volailles, 40% des légumes et même un quart de la viande bovine."

Elle pointe également une dépendance croissante vis-à-vis de l'Europe d'où la France importe de plus en plus. "Notre déficit se creuse chaque année davantage", affirme Christiane Lambert.

Pour une harmonisation des règles

Un constat qu'elle explique notamment par le changement des habitudes alimentaires des Français, encouragés par les pouvoirs publics à délaisser les produits de l'agriculture de masse.

"Miser sur les labels et la qualité, c'est louable. Mais l'essentiel de la population se nourrit aujourd'hui avec du milieu de gamme. Ce sont des produits qu'il nous faut désormais importer massivement, qu'il s'agisse de fruits, de légumes, de volailles ou de vins", explique la présidente de la FNSEA.

Pour y remédier, elle plaide pour une refonte des règles qui entourent la production alimentaire des Français, notamment au sein de l'Europe. "Nous avons également besoin d'une harmonisation globale des règles sociale, environnementales et sanitaires au sein de la politique agricole commune", préconise-t-elle.

"Si rien n'est fait, la France ne sera plus capable de subvenir seule à ses besoins alimentaires dès 2023", conclut Christiane Lambert.
Samuel Kahn