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La FNSEA accuse Xavier Niel de réaliser une "OPA sur la viande"

Xavier Niel, le fondateur de Free.

Xavier Niel, le fondateur de Free. - ERIC PIERMONT / AFP

Le syndicat d'agriculteurs s'émeut de la présence du fonds d'investissement du milliardaire dans l'entreprise Les Nouveaux Fermiers qui produit un substitut végétal de viande.

Les syndicats d'agriculteurs et d'éleveurs (FNSEA, jeunes agriculteurs, CFA, FNC...) voient d'un mauvais oeil l'annonce de l'ouverture d'une ligne de production en France de l'entreprise Les Nouveaux Fermiers (que nous relatons ici) qui produit un substitut végétal de viande.

Mais au-delà de la critique de "la fausse viande" et du terme "fermiers" "qui veut faire passer des usines pour des fermes en utilisant à tout va le terme fermier, ce qui démontre bien la méconnaissance de ces industriels de la réalité des agriculteurs qui travaillent", selon un communiqué commun, ces syndicats s'émeuvent de la présence du fonds d'investissement de Xavier Niel dans l'entreprise.

"Xavier Niel, l’un des initiateurs du référendum pour les animaux. D’un côté, il prône l’arrêt de l’élevage. De l’autre, il se positionne sur un marché nouveau qui serait bien aidé par la fin de l’élevage", peut-on lire.

Mélange des genres

"Ce mélange des genres est terriblement gênant pour notre démocratie. Cela d’autant plus, que Mr Niel étend son emprise sur les médias en acquérant différents groupes de presse pour soutenir ses intérêts financiers. Comment peut-on cautionner le dévoiement de nos outils démocratiques par certains groupes d’intérêts, qui au bénéfice de capacités d’investissement incommensurables détournent, à grand renfort de campagnes d’influence, le nouvel outil de démocratique qu’est le RIP?", s'intertrogent les syndicats.

"Comment peut-on croire à l’honnêteté de certains «milliardaires du numérique», initiateurs du référendum d’initiative populaire (RIP) pour les animaux qui, se drapant publiquement de vertu pour la cause animale, cherchent en réalité à réaliser une OPA sur la viande? Rappelons que les plus grands promoteurs de la fin de l’élevage sont les premiers promoteurs de la fausse viande, ultra-transformée, et dont le taux de profit n’a pas d’équivalent à ce jour", poursuivent-ils.

"Si les éleveurs n’ont jamais été dupes de cette stratégie déjà éprouvée par les «gourous de la tech» de l’autre côté de l’Atlantique, c’est maintenant aux consommateurs d’apprécier cette réalité", concluent-ils.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business