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La filière viticole française se réjouit de l'élection de Joe Biden

L'administration Trump a imposé à la mi-octobre 2019 un droit de douane de 25% sur les vins français en bouteille, non effervescents, de moins de 14 degrés

L'administration Trump a imposé à la mi-octobre 2019 un droit de douane de 25% sur les vins français en bouteille, non effervescents, de moins de 14 degrés - -

L'élection Joe Biden crée de l'espoir pour les viticulteurs qui veulent régler leurs différends commerciaux exacerbés sous la présidence de Donald Trump.

La filière viticole a "l'espoir" que l'élection de Joe Biden à la tête des Etats-Unis permettra à l'Europe et aux Etats-Unis de régler leurs différends commerciaux, exacerbés sous la présidence de Donald Trump et qui affectent lourdement les exportateurs de vins français.

"Je fonde l'espoir que les premiers sujets (de discussion entre la future administration américaine et l'Europe) puissent être de revenir sur les droits de douane et permettent de rester dans la normalité" sur la taxation des vins hexagonaux, a réagi auprès de l'AFP Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA et président du conseil spécialisé Vins de l'organisme FranceAgriMer, organisme semi-public chargé des marchés agricoles.

L'administration Trump a imposé à la mi-octobre 2019 un droit de douane de 25% sur les vins français en bouteille, non effervescents, de moins de 14 degrés, mais aussi sur ceux d'autres pays européens, risquant de fait d'augmenter fortement le prix des vins français outre-Atlantique.

Les conséquences du conflit en Airbus et Boeing

Cette taxe a été imposée par l'occupant de la Maison Blanche en rétorsion à un conflit commercial opposant l'avionneur Airbus à son concurrent américain Boeing, et à travers eux Bruxelles et Washington, au sujet d'aides publiques versées aux deux groupes, jugées illégales de part et d'autre.

Elle a eu de lourdes conséquences pour la filière française, avec un coût de plus d'un million d'euros par jour aux entreprises hexagonales, soit une perte de 400 millions d'euros en un an, a affirmé samedi la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux français (FEVS).

Le prochain président américain, qui entrera en fonction en janvier, s'est toutefois peu exprimé sur le conflit commercial opposant l'Europe et les Etats-Unis, reconnait Jérôme Despey, lui-même viticulteur dans l'Hérault.

"Joe Biden n'a jamais évoqué le sujet des taxations et le sujet de l'aéronautique, mais on peut se dire que (son élection) est favorable à une négociation", estime Jérôme Despey.

Ce dimanche, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, reste prudent. Selon lui, "les réalités géopolitiques ne changeront pas". Mercredi, au micro de Radio Classique, il indiquait déjà que "dans le fond ne changera pas grand-chose à nos intérêts commerciaux" et cela quel que soient le résultat des élections .

"Je suis convaincu que cela ne changera pas d'un coup de baguette magique", reconnait M. Despey, "mais il faut tout faire pour instaurer un climat plus apaisé", un défi que le prochain président américain est selon lui davantage en mesure de relever que son prédécesseur.

PS avec AFP