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L'ONG Foodwatch demande le retrait de deux laits en poudre pour bébé

Foodwatch a révélé la présence dans des laits en poudre fabriqués par Danone et Nestlé d'huiles minérales aromatiques, aussi appelées MOAH et jugées "potentiellement cancérogènes et mutagènes" par l'autorité sanitaire Anses.

Foodwatch a révélé la présence dans des laits en poudre fabriqués par Danone et Nestlé d'huiles minérales aromatiques, aussi appelées MOAH et jugées "potentiellement cancérogènes et mutagènes" par l'autorité sanitaire Anses. - -

L'ONG Foodwatch, qui combat la présence de dérivés d'hydrocarbures dangereux pour la santé dans certains produits alimentaires, a demandé le retrait en France de deux laits en poudre pour bébé, fabriqués par Danone et Nestlé.

Après avoir révélé en 2019 la présence dans des laits en poudre fabriqués par Danone et Nestlé d'huiles minérales aromatiques aussi appelées MOAH, jugées "potentiellement cancérogènes et mutagènes" par l'autorité sanitaire Anses, Foodwatch "vient de saisir tous les préfets de France par voie d'avocat pour leur demander de retirer ces produits de la vente, au nom du principe de précaution".
"La répression des fraudes (DGCCRF) sait que des laits infantiles sont contaminés puisqu'elle l'a vérifié après les tests de Foodwatch" ajoute l'ONG qui dénonce le "manque de transparence du gouvernement" français sur le sujet.

La DGCCRF a pris "très au sérieux" l'alerte lancée par Foodwatch

Les deux laits en question vendus en France sont le lait Nidal lait en poudre premier âge (0-6 mois) de Nestlé, et le lait Gallia Galliagest Croissance sans lactose (12 mois-3 ans) de Danone. Interrogée, la DGCCRF répond qu'elle a pris "très au sérieux" l'alerte et les analyses de Foodwatch en octobre 2019. "Nous avons immédiatement déclenché des analyses de produits, et saisi la commission européenne pour obtenir des seuils au-delà desquels il sera possible de procéder en toute transparence à des rappels de produits", a expliqué Loïc Tanguy, son porte-parole.

Pas de seuil européen de dangerosité fixé sur le sujet

"En l'absence de risque aigu pour la santé des bébés posé par la consommation de ces laits et en l'absence de seuil de dangerosité vis-à-vis d'un risque chronique fixé par les autorités européennes, aucun retrait n'est envisageable dans l'immédiat, a-t-il expliqué en substance. Les autorités allemandes et néerlandaises, également impliquées, n'ont procédé à aucun retrait non plus, a-t-il fait valoir, même si la chaîne de magasins allemande Rossmann l'a fait de son propre chef.

En revanche, la DGCCRF a bien confirmé que ses analyses internes avaient mis en évidence la présence infime d'huile minérale dans les laits en question. "Intrinsèquement, les résultats ne sont pas publiables" a néanmoins affirmé le représentant de la DGCCRF. "Il faut des seuils harmonisés au niveau européen" a-t-il ajouté, puisque les deux laits commercialisés en France sont fabriqués dans d'autres pays de l'Union européenne, alors qu'un troisième lait commercialisé en Allemagne par Nestlé et fabriqué en France, est aussi incriminé. "La balle est dans le camp de la Commission", a-t-il dit.

F.B avec AFP