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L'ex-PDG de Danone dénonce un "jeu malsain" avec les fonds activistes

Emmanuel Faber était directeur général de Danone depuis 2014 et PDG depuis 2017

Emmanuel Faber était directeur général de Danone depuis 2014 et PDG depuis 2017 - PATRICK KOVARIK

Emmanuel Faber a été évincé du groupe à la demande de Bluebell Capital, monté au capital de Danone fin 2020.

Le conseil d'administration de Danone s'est "compromis" avec les fonds activistes, a affirmé mercredi l'ex-PDG du groupe Emmanuel Faber, pour qui ce conseil n'est "pas en état aujourd'hui d'assurer la défense" de ce fleuron français.

"Quand on s'est allié de cette façon, et compromis de cette façon, malheureusement je pense que ce conseil n'est pas en état aujourd'hui d'assurer la défense et la souveraineté de Danone", a-t-il déclaré lors d'une audition par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.

Sollicité par l'AFP, le groupe Danone n'a pas réagi.

Au terme d'une fronde d'actionnaires combinée à des divisions internes, Emmanuel Faber a été évincé à la mi-mars de la tête du groupe agroalimentaire. Des fonds d'investissement reprochaient au groupe des performances insuffisantes, notamment en termes de rentabilité, ce que M. Faber a encore contesté mercredi, évoquant un "faux sujet".

Il a été remplacé à la présidence du conseil d'administration par Gilles Schnepp. Antoine de Saint-Affrique a été récemment nommé directeur général. Il prendra ses fonctions le 15 septembre.

"Un jeu extrêmement malsain"

"Les activistes sont venus en raison de dysfonctionnements du conseil. Ils en sont autant la conséquence qu'ils en sont la cause", a avancé l'ex-dirigeant, remarquant s'exprimer désormais "en tant que simple citoyen français".

"Certains activistes internes au conseil ont utilisé ces activistes actionnariaux à des fins qui leur étaient personnelles et qui ont abouti au résultat dont on ne voit que le début aujourd'hui, avec mon départ", a-t-il ajouté, jugeant aussi que des "visions d'arrière-garde" l'ont emporté.

"Ce conseil, en tout cas certains de ces membres, mais collectivement finalement, a permis un jeu extrêmement malsain avec des activistes", a-t-il déclaré un peu plus tard.

"Quand on démarre un jeu comme celui-ci, c'est compliqué de l'arrêter", a-t-il poursuivi.

Selon Emmanuel Faber, la réforme du conseil est "très urgente".

Déplorant une forme d'"entre-soi", il a plus généralement plaidé pour réformer le fonctionnement des conseils d'administration en France et en Europe, afin de "les doter d'une colonne vertébrale".

SK avec AFP