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L'Etat "adaptera" le dispositif de chômage partiel à partir du 1er juin

A l’occasion de la présentation de son plan de déconfinement ce mardi, le Premier ministre Edouard Philippe a indiqué que le gouvernement continuerait de financer l’activité partielle jusqu’à fin-mai, avant d’adapter le dispositif.

Au bout de 43 jours de confinement, le Premier ministre a détaillé ce mardi devant les députés le plan du gouvernement pour "déconfiner" la France. A cette occasion, Edouard Philippe a évoqué une évolution à venir du dispositif de chômage partiel. 

"Le dispositif d’activité partielle, qui est un des plus généreux d’Europe, restera en place jusqu’au 1er juin. Il nous faudra ensuite l’adapter progressivement afin d’accompagner la reprise d’activité si l’épidémie est maîtrisée", a indiqué le chef du gouvernement.

"Bien sûr, nous continuerons à protéger les personnes vulnérables et les secteurs professionnels qui demeureraient fermés", a-t-il ajouté, sans détailler davantage les restrictions que l'exécutif pourrait engager. 

Au tout début de la crise sanitaire en France, le gouvernement avait largement assoupli le dispositif de chômage partiel pour en faire bénéficier le plus grand nombre. Désormais, tous les secteurs et salariés y sont éligibles, ainsi que des indépendants qui travaillent régulièrement avec les mêmes entreprises. 

Un coût de 20 milliards d'euros pour l'Etat

Le gouvernement a également rendu plus attractive la mesure pour les entreprises: elles sont désormais remboursées en totalité par l’Etat de ce qu’elles versent à leurs chômeurs partiels. Les salariés, eux, sont indemnisés à 70% du salaire brut (84% du salaire net), et ceux qui touchent le smic le perçoivent à 100%. 

Ainsi retaillée, la mesure a rencontré un succès grandissant pendant le confinement: d’un peu plus de 250.000 au début du confinement, le nombre de salariés au chômage partiel en France est passé à plus de 10 millions de salariés la semaine dernière, soit plus du tiers des employés français. Désormais, il concerne 820.000 entreprises, soit plus de 6 sur 10.

Ce dispositif coûte donc très cher à l’Etat. La ministre du Travail Muriel Pénicaud évoquait début avril un montant de "plus de 20 milliards d'euros" pour l'Etat et l'Unédic.

Nina Godart