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L'activité nucléaire de GE va-t-elle bientôt repasser sous pavillon français?

Commandées en 2016, les turbines destinées au réacteur EPR britannique d'Hinckley Point sont fabriquées sur le site de Belfort par la coentreprise Geast (GE-Alstom), entité créée après le rachat de la branche Energie d’Alstom, en octobre 2015.

Commandées en 2016, les turbines destinées au réacteur EPR britannique d'Hinckley Point sont fabriquées sur le site de Belfort par la coentreprise Geast (GE-Alstom), entité créée après le rachat de la branche Energie d’Alstom, en octobre 2015. - AFP

Le gouvernement suit de près la mise en vente de l'activité turbines pour centrale nucléaire rachetée par GE à Alstom en 2014. Selon Le Canard Enchaîné, les discussions permettraient à des capitaux français de remettre la main sur cette "pépite" technologique.

Arnaud Montebourg devrait être bientôt satisfait. La discrète cession en cours des activités de GE dans le nucléaire, issues du rachat de la branche énergie d’Alstom en 2014 et que l'ex-ministre avait combattu, devrait ramener sous pavillon tricolore, une technologie considérée comme stratégique pour la filière française.

Selon Le Canard Enchaîné, le gouvernement français suit de très près et discrètement, depuis plusieurs semaines, l’avancée de cette opération stratégique de rachat, évaluée à un milliard d’euros. Celle-ci, accélérée par GE qui a urgemment besoin d'argent frais, pourrait aboutir "à la fin de l’année".

La co-entreprise Geast avait été créée en 2015

En cause, la conception et la fabrication de turbines et de générateurs de vapeur pour les centrales nucléaires française de type eau pressurisée. Ces équipements très imposants et sophistiqués, dont la turbine répondant au doux nom d'Arabelle, sont logés dans la co-entreprise Geast (80% GE-20% Alstom) créée en en 2015 dans la foulée du rachat de la branche Energie d’Alstom.

En 2016, le site de Belfort qui les produit, avait même reçu la commande de turbines et générateurs de vapeurs pour deux réacteurs EPR de troisième génération destinée à la centrale nucléaire britannique d'Hinckley Point.

Selon l'hebdomadaire satirique, les acquéreurs potentiels seraient constitués du fonds Sénéva Capital associé à des investisseurs tels EDF, Framatome et/ou la Caisse des dépôts.

Ce rachat serait facilité par l’action préférentielle (golden share) que détient l’État français au capital de Geast et qui lui confère un droit de veto sur l’identité du futur repreneur...

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco