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Vente de sous-marins français: la Malaisie rouvre une enquête pour assassinat

Abdul Razak Baginda, conseiller de Najib Razak

Abdul Razak Baginda, conseiller de Najib Razak - TENGKU BAHAR / AFP

En 2006, une traductrice mongole a été assassinée dans l'affaire des pots-de-vin présumés liés à l'achat de sous-marins français par la Malaisie. Le Premier ministre malaisien s'est prononcé en faveur d'une réouverture de l'enquête.

La police malaisienne a rouvert une enquête pour l'assassinat en 2006 d'une traductrice et mannequin mongole dans une retentissante affaire de pots-de-vin présumés liés à l'achat de sous-marins français par la Malaisie, liée à l'ex-Premier ministre Najib Razak.

Les coulisses de ce marché avaient été découvertes lors de l'enquête dans ce pays d'Asie du Sud-Est sur l'assassinat de l'interprète et intermédiaire mongole, Altantuya Shaariibuu, par ailleurs maîtresse d'Abdul Razak Baginda, conseiller de Najib Razak, qui avait participé aux négociations. L'interprète avait été abattue par balles et son corps pulvérisé à l'explosif, dans la jungle près de Kuala Lumpur. Elle aurait été tuée parce qu'elle en savait trop.

Deux gardes du corps du gouvernement malaisien incriminés

Par la suite, deux gardes du corps du gouvernement malaisien avaient été reconnus coupables de l'assassinat et condamnés à mort. L'un d'eux a fui en Australie, où il est en détention. Il maintient avoir reçu un ordre de "gens importants" pour commettre cet homicide.

Najib Razak, qui était ministre de la Défense au moment des faits, a toujours nié toute implication dans cette affaire. Devenu Premier ministre en 2009, il a perdu contre toute attente les législatives en mai et cédé son poste de chef de gouvernement.

La semaine dernière, le père de l'interprète mongole s'est rendu en Malaisie pour y rencontrer le nouveau Premier ministre, Mohamad Mahathir, qui s'est prononcé en faveur de la réouverture de l'enquête. "Je peux confirmer que nous rouvrons les investigations", a déclaré le chef de la police nationale, Mohamad Fuzi Harun, cité par le quotidien The Star. "Nous allons remplir notre tâche sans complaisance", a-t-il ajouté.

Commissions occultes

Des opposants malaisiens affirment que les deux gardes du corps condamnés pour cette affaire ont servi de victimes expiatoires. Selon les opposants, des commissions occultes auraient été versées à de très hauts responsables gouvernementaux dans le cadre de l'achat de sous-marins français, deux Scorpene et un Agosta d'occasion, pour environ un milliard d'euros.

En 2017, la justice française avait inculpé Abdul Razak Baginda de "complicité de corruption active et passive" et "recel d'abus de biens sociaux". Il est soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire dans le versement de pots-de-vin en marge de la vente de ces sous-marins à la Malaisie en 2002.

P.L avec AFP