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Six (S&P): les Etats européens doivent se désolidariser de leurs banques

L'économiste s'est montré modérément optimiste

L'économiste s'est montré modérément optimiste - -

Le chef économiste estime que les risques bancaires doivent être supportés au niveau de la zone euro.

"Il faut absolument briser le lien entre les Etats de la zone euro et leurs banques", a estimé Jean-Michel Six, chef économiste pour l'Europe de Standard & Poor's. Selon lui, "le risque bancaire ne doit plus être le risque d'un Etat", mais assuré collectivement au niveau de la zone euro, sur le modèle des Etats-Unis.

Intervenant vendredi 9 novembre sur BFM Business, il s'est montré modérément optimiste. "La situation reste extrêmement difficile, même s'il y a des nouvelles rassurantes venant de l'international". D'une part, "il y a une reprise aux Etats-Unis, notamment sur le logement, qui était le point noir". D'autre part, la croissance en Chine "pourrait surprendre dans le bon sens en 2013". Enfin, "la récession sera plus faible" en 2013 en Espagne et en Italie. Notamment, "le commerce extérieur se redresse en Espagne, comme au Portugal". Invité du Grand journal, l'économiste a assuré au passage que l'agence de notation "n'avait jamais étudié" un scénario d'éclatement de la zone euro.

Divergence de diagnostic

Interrogé sur les perspectives de la note de la France, Jean-Michel Six a éludé: "il n'y a rien à dire pour l'instant". Mais, selon lui, les prévisions de la Banque de France sur la croissance "confirment nos scénarios: une croissance plate, voire légèrement négative, en 2012, suivie d'une croissance légèrement positive de +0,2% à+0,3% en 2013". Il ne croit pas aux +0,8% de croissance en 2013 promis par le gouvernement: "nous avons une divergence de diagnostic. Leur diagnostic repose sur une hypothèse de reprise internationale qui est légèrement optimiste". L'optimisme du gouvernement sur la sortie de crise peut s'expliquer par le fait que "l'absence de croissance de 2013 est sans rapport avec le choc de 2009".

Selon lui, comparer la France à la Grèce procède d'"une confusion massive". En particulier, la dette publique française "n'est pas du tout au même niveau qu'en Italie, en Espagne ou au Portugal". Certes, "les exportations françaises ne vont pas du tout". Mais l'Hexagone possède des atouts: "le taux d'épargne est encore élevé. Et la consommation des ménages tient assez bien, et reste stable".

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