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Quelles sont les conséquences d'un "shutdown" aux États-Unis?

La fermeture partielle du gouvernement fédéral américain est donc entrée en vigueur faut d'un accord sur son financement au Sénat.

La fermeture partielle du gouvernement fédéral américain est donc entrée en vigueur faut d'un accord sur son financement au Sénat. - Mark Wilson - Getty Images- AFP

Les sénateurs ne sont pas parvenus, dans la soirée de vendredi, à trouver un compromis budgétaire sur le financement de l’État fédéral. Un échec qui va entraîner de nombreuses paralysies dans l'administration et avoir des conséquences sur le tourisme et l'économie.

Malgré d’intenses tractations ces derniers jours, la majorité républicaine, l’opposition démocrate et la Maison Blanche n’ont pas pu s’entendre sur un budget, même temporaire, qui aurait permis d’éviter ce "shutdown" entré en vigueur à 5 heures, en France. Ce terme désigne la paralysie des administrations fédérales américaines faute de financement. 

Les fonctionnaires jugés "non essentiels" devraient rester chez eux, comme lors du dernier "shutdown" en octobre 2013 qui avait duré 16 jours. Selon la Fédération américaine des employés gouvernementaux (AFGE), plus de 850.000 personnes risquent le chômage technique et plus d'un million d'autres pourraient travailler sans être payées. Au total, plus de 3,5 millions d'employés civils et militaires seraient affectés, selon des chiffres officiels.

-ADMINISTRATIONS 

La plupart des agences fédérales verront leurs effectifs réduits. La quasi-totalité (95%) des employés des services fiscaux (IRS) seront mis en congés, ce qui retardera la collecte et remboursement de l'impôt sur le revenu. La fermeture retardera les autorisations de mise sur le marché de médicaments, les prêts publics aux petites et moyennes entreprises, l'assurance publique pour les acheteurs immobiliers... En 2013, le coût total des compensations pour les employés s'était élevé à 2,5 milliards de dollars.

- DÉFENSE

Plus des trois-quarts des 721.000 employés civils du Pentagone, le plus gros employeur public, seraient mis en congés sans solde, selon le Washington Post. Les 1,4 million de militaires américains poursuivraient leurs opérations et la collecte de renseignement, même si les soldats pourraient être payés avec retard si le blocage se poursuivait en février. En 2013, les employés civils avaient été rappelés une semaine après le "shutdown" grâce à un financement d'urgence approuvé par le Congrès.

-PARCS ET MUSÉES

L'administration Trump a élaboré des plans permettant de garder ouvert une partie des plus de 400 parcs et musées nationaux en faisant appel à des sous-traitants. A Washington, les grands musées Smithsonian et le zoo ont assez de réserves pour rester ouverts jusqu'à dimanche soir. En 2013, l'Etat avait perdu 500 millions de dollars de revenus tirés du tourisme, selon la Maison Blanche. 

-VISAS, PASSEPORTS

Le traitement des demandes de visas et de passeports serait ralenti et leur délivrance retardée.

-RECHERCHE:

Les Instituts nationaux de santé (NIH), centres de recherche médicale, cesseraient d'accepter de nouveaux patients pour des traitements expérimentaux.

-WASHINGTON

La capitale fédérale, financée directement par le Congrès, fermerait ses services de ramassage des ordures, de nettoyage des rues et ses bibliothèques. Les écoles et les transports publics continueraient de fonctionner.

-EXEMPTIONS

La Maison Blanche, le Congrès, la justice, la police, le transport aérien, les services postaux, le ministère des anciens combattants et ses hôpitaux, ainsi que les services jugés essentiels à la sécurité et protection du pays seront globalement épargnés. L'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une éventuelle ingérence russe dans la campagne électorale de 2016 se poursuivra.

- IMPACT ÉCONOMIQUE

Le "shutdown" n'aura pas de conséquences sur la note (AAA, la plus haute) des États-Unis, selon l'agence de notation Fitch et vendredi, les marchés ne semblaient pas inquiets. En 2013, la Maison Blanche avait estimé entre 2 et 6 milliards de dollars la perte de production provoquée par la fermeture.

La rédaction avec AFP