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Optimisation fiscale: Londres va créer une "taxe Google" 

Google fait partie des multinationales visées par la nouvelle taxe britannique.

Google fait partie des multinationales visées par la nouvelle taxe britannique. - Jusin Sullivan - AFP

Le gouvernement britannique a annoncé, mercredi 3 décembre, une nouvelle taxe de 25% sur les multinationales qui cherchent actuellement à échapper à l'impôt avec des montages fiscaux complexes, à l'image de Google.

La Grande-Bretagne offre une fiscalité attractive pour les entreprises, mais n’apprécie guère les resquilleurs. C’est le message qu’a voulu faire passer Georges Osborne, le ministre des Finances, mercredi dans son traditionnel discours d'automne sur le budget et l'économie.

"Aujourd'hui j'introduis une taxe de 25% sur les bénéfices générés par les multinationales sur leur activité réalisée ici au Royaume-Uni et qu'elles font sortir artificiellement du pays", a-t-il annoncé, sans plus de détails sur les contours précis de cette taxe.

Ce n’est pas la première fois que le chancelier de l’échiquier tient ce genre de discours. Il avait déjà indiqué fin septembre, lors de la conférence du parti conservateur à Birmingham, son intention de faire payer les multinationales qui échappent artificiellement à l'impôt. Ce dispositif en gestation a été baptisé "Google tax", du nom du géant américain de l'internet régulièrement critiqué pour ses pratiques d'optimisation fiscale agressives.

"Des impôts bas mais des impôts payés"

Ce dernier s’en est d’ailleurs souvent défendu: "nous employons plus de 2.000 personnes au Royaume-Uni et nous y investissons lourdement. Nous sommes un élément-clé de la progression de l'e-commerce en Grande-Bretagne et nous contribuons à la croissance du pays, déclarait ainsi Eric Schmidt, le président exécutif de Google, en fin d’année dernière.

Ce qui n’a visiblement pas suffi à convaincre Georges Osborne: "certaines des plus grandes entreprises du monde, notamment celles du secteur technologique, utilisent des structures élaborées pour éviter de payer des impôts (...). Ce n'est pas juste pour les entreprises britanniques ni pour les Britanniques", a-t-il ainsi affirmé. "Mon message est cohérent et clair: des impôts bas mais des impôts qui seront payés", a-t-il ajouté, dans un discours important à moins de six mois des prochaines élections.

La nouvelle taxe doit rapporter 1 milliard de livres (environ 1,26 milliards d'euros) sur cinq ans, un apport bienvenu bien que modeste à l'heure où le gouvernement britannique peine à atteindre ses objectifs de réduction du déficit.

George Osborne a également annoncé un changement des règles sur la taxation des banques, ce qui devrait les conduire à devoir payer près de 4 milliards de livres supplémentaires sur 5 ans.

Y.D. avec AFP