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Les Verts divisés sur le Traité budgétaire européen

Europe Ecologie-Les Verts se divise sur la forme de son opposition au Traité européen

Europe Ecologie-Les Verts se divise sur la forme de son opposition au Traité européen - -

Les membres du conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts se réunissent ce week-end pour décider d'une position commune sur le vote du traité européen tel qu'il a été présenté par Jean-Marc Ayrault ce mercredi 19 septembre.

Le conseil fédéral d’EELV, prévu ce week-end du 22 septembre, risque d’être animé. En cause, la position des écologistes à propos du Traité budgétaire européen, qui sera soumis au vote à l’Assemblée nationale, le 2 octobre prochain.

Pour une fois, les écologistes sont unanimes: le Traité est mauvais en l’état ! La règle d’or y est inscrite, ce qui équivaut à "graver l’austérité dans le marbre", selon Sergio Coronado, député de la 2ème circonscription des Français de l’étranger.

L’obligation faite aux Etats de limiter le déficit public à 0,5% du PIB "restreint les marges de manœuvre, ainsi que la politique de transition écologique", renchérit Denis Beaupin, député de Paris, soulignant qu’ "il peut être vertueux d’investir" dans cette transition.

Le traité européen "ne correspond en rien à l’idéal que l’on se fait de l’Europe, c’est quelque chose que la France subit, que la nouvelle majorité subit", confirme Jean-Louis Roumégas, élu de l’Hérault.

D'accord sur le fond, mais pas sur la forme

Cependant, tous ne sont pas d’accord sur la conduite à tenir lors du vote à l’Assemblée. "Il est difficile d’aller contre ce Traité. De nombreux pays l’ont déjà ratifié, et on voit bien que l’on est même en train de passer à autre chose", continue Jean-Louis Roumégas, qui, a titre personnel, serait favorable à un "oui" du groupe EELV. Ou, éventuellement, à se diriger vers un compromis en forme d’abstention.

Une opinion partagée par un autre député vert, Christophe Cavard: "L'argument de l'austérité qui ne nous permettrait pas d'investir ne tient pas. Les collectivités locales sont soumises à l'équilibre budgétaire. Ce n'est pas pour autant qu'elles ne peuvent pas investir! Je pense que le vrai enjeu est de s'engager ou non envers l'Allemagne afin qu'elle se dirige vers une logique plus solidaire." Lui aussi est partisan de l'abstention, si les membres du parti n'arrivent pas à se mettre d'accord.

Sergio Coronado, à l'inverse, est convaincu que "l’on s’achemine calmement vers un vote négatif". François de Rugy, le coprésident du groupe à l'Assemblée, a, de son côté, déjà annoncé qu’il se positionnerait contre ce traité lors du vote.

Quant à Denis Beaupin, il estime qu’il faut attendre le débat lors du conseil fédéral pour décider d’une marche à suivre. Même si "l’avis du parti ne sera pas forcément celui du groupe"...

Yann Duvert