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Les Etats-Unis accusent l'Allemagne de plomber l'économie mondiale

Les Etats-Unis reprochent à l'Allemagne de mettre en péril la reprise en Europe et l'économie mondiale à cause de ses exportations

Les Etats-Unis reprochent à l'Allemagne de mettre en péril la reprise en Europe et l'économie mondiale à cause de ses exportations - -

Un rapport du Trésor américain, publié le 30 octobre, dénonce une politique d'expansion commerciale allemande qui pénalise l'économie mondiale. Des critiques récurrentes, mais formulées pour la première fois aussi fermement.

Les exportations allemandes fragilisent l'économie européenne et plombent la croissance mondiale. Le Trésor américain formule cette mise en cause dans son rapport semestriel sur les politiques économiques internationales, paru le mercredi 30 octobre. Ces critiques ne constituent pas véritablement une première, mais cette fois, l'attaque est frontale.

C'est comme si le département du Trésor des Etats-Unis avait substitué l'Allemagne a la Chine. La première économie européenne exportant à présent plus de marchandises, de services et de capitaux.

La Faz, le grand quotidien conservateur allemand, considère que les termes de la mise en cause s'avèrent "inhabituellement clairs". Un jugement "incompréhensible", selon le ministère de l'Economie a Berlin.

Cette fois, Washington ne s'en tient pas au rappel diplomatique des communiques du G20. Le rapport américain manie même un vocabulaire censé diagnostiquer un malade.

Une Allemagne droguée aux exportations

L'Allemagne est "dépendante" de ses exportations, et "anémiée" de par sa demande intérieure, peut-on y lire. Cette dépendance et cette anémie empêcheraient la zone euro de se redresser, et par conséquent, à l'activité mondiale de repartir.

Le fonds monétaire international a déjà établi les nuisances d'un excédent courant équivalant à près de 7% du PIB, s'agissant d'une puissance de la dimension de l'Allemagne. Mais les milieux dirigeants allemands estiment que le processus de relance de la demande intérieure est déjà engagé. Le ministère des Finances évoque cet après-midi une "croissance robuste des salaires".

Dans l'industrie manufacturière, par exemple, l'Espagne est en train de récupérer des parts de marché, aux dépens de l'Allemagne, plaide Berlin. Vendredi 25 octobre, un grand industriel de Bavière, écouté de la chancelière Angela Merkel, a explique à BFM Business la nécessite d'engager dans son pays un nouveau programme de réformes de la même ampleur que celui impulsé par le chancelier Gerhard Schröder en 2003. L'objectif serait de sauvegarder le modèle bâti.

Le ministre sortant des Finances a déjà opposé une fin de non-recevoir à cette idée. Wolfgang Schäuble assure que l'Allemagne ne peut plus se permettre d'amplifier l'écart de compétitivité avec ses partenaires de la zone euro. Il en va de la stabilité de l'Europe. Le Trésor américain ne trouvera certainement rien à y redire.

Benaouda Abdeddaïm