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La baisse du yen, un risque pour les exportations allemandes

Les grandes entreprises allemandes, ici Mercedes, voient leur compétitivité s'affaiblir face à leurs concurrentes japonaises.

Les grandes entreprises allemandes, ici Mercedes, voient leur compétitivité s'affaiblir face à leurs concurrentes japonaises. - -

La question des taux de changes va être l'un des sujets brûlants du sommet des ministres des Finances du G7, qui a commencé, ce vendredi 10 mai. La politique monétaire japonaise inquiète notamment l'Allemagne, dont la croissance repose sur la force de ses exportations.

Le sommet des ministres des Finances du G7 a commencé, ce vendredi 10 mai. La question des taux de changes figure à l'agenda des débats, alors que des voix s'élèvent contre la politique monétaire du Japon, dont un des effets est de précipiter la baisse du yen.

La monnaie japonaise a ainsi perdu plus de 20% en six mois face au dollar. Une politique qui favorise les exportateurs japonais. Au grand dam des voisins asiatiques mais aussi des exportateurs allemands.

En effet, la recette du succès de l'Allemagne, consiste tout d'abord en une industrie exportatrice haut de gamme très compétitive au niveau mondial. Un yen qui baisse, signifie donc des exportations allemandes moins compétitives face au Japon.

Le risque pour Berlin est que les fleurons de l'industrie allemande soient contraints de baisser leur prix pour s'aligner sur leurs concurrents japonais.

Redynamiser le marché intérieur, une solution pour l'Allemagne

C'est donc le moteur de l'économie allemande qui pourrait se gripper. Consciente du danger, Angela Merkel est montée au créneau en janvier dernier. Pour la chancelière allemande, les banques centrales ne doivent pas compenser un manque de compétitivité des industriels.

Certes, la Banque centrale européenne a baissé son taux directeur, la semaine dernière. Mais, pas question de se lancer dans une politique monétaire ultra-accommodante comme au Japon, les craintes de l'inflation en Allemagne étant encore bien présentes.

Selon plusieurs économistes, la solution pour les industriels allemands, pourrait être de redynamiser le marché intérieur pour pallier les pertes de part de marché face au Japon.

Alexis Pluyette