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Le Brésil lutte contre la baisse de sa monnaie

Le Brésil tente de sauver sa monnaie qui chute sur les marchés face au dollar.

Le Brésil tente de sauver sa monnaie qui chute sur les marchés face au dollar. - -

Le réal brésilien chute face au dollar. En cause, la politique monétaire de la Fed, mais aussi le malaise des investisseurs et l’inflation galopante. Pour défendre sa monnaie, la banque centrale brésilienne va injecter des milliards de dollars.

Le Brésil engage les grands moyens dans la défense de sa monnaie. A compter de ce vendredi 23 août et jusqu'à la fin de l'année, la banque centrale va injecter au moins 60 milliards de dollars, soit 45 milliards d’euros, sur le marché des changes, avec l'espoir que cela suffira pour sortir de la zone de turbulences.

La dernière fois que la banque centrale brésilienne a soutenu de façon systématique et quotidienne le réal, c'était en 2002. A l'époque, le marches des changes dérapait avant l'élection à la présidence du candidat historique de la gauche, Lula da Silva, et le cours était tombé jusqu'à 4 réals pour 1 dollar.

La faute de la Fed?

Actuellement, à près de 2,5 réals pour 1 dollar, la devise brésilienne n'en est pas à ce niveau de tension. Mais cela signifie quand même qu'elle a perdu près d'un quart de sa valeur en quatre mois.

Dans un entretien à la première chaine du pays, Globo, le ministre des Finances, Guido Mantega, assure qu'il s'agit d'un phénomène temporaire, qui s'explique par la réorientation de la politique monétaire des Etats-Unis. Il y a deux ans, Guido Mantega accusait alors les Américains de manipuler le dollar à la baisse, à des fins commerciales.

2014, année d'élection présidentielle

Mais dans cette interview, le ministre brésilien reconnaît aussi un malaise des investisseurs internationaux vis-à-vis de son pays.

Il promet une meilleure transparence des comptes publics, voire de fournir un échéancier pour un retour à l'excédent budgétaire. Guido Mantega s'engage également à contenir l'inflation, quitte à freiner la croissance économique. 

Sauf qu'à une année de l'élection présidentielle, le gouvernement doit prendre toute la mesure des grandes manifestations de juin. Les Brésiliens ont réclamé une modernisation des services publics, à la hauteur du rang de leur nation. Ces arbitrages influent forcement sur le réal.

Benaouda Abdeddaïm