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La Banque mondiale abaisse ses prévisions de croissance

"L'économie mondiale est exposée à des risques majeurs", souligne la Banque mondiale.

"L'économie mondiale est exposée à des risques majeurs", souligne la Banque mondiale. - AFP - Kazuhiro Nogi

"L’institution table désormais sur une croissance mondiale de 2,4% en 2016. En janvier, cette prévision était de 2,9%."

La Banque mondiale a nettement abaissé mardi ses prévisions de croissance sur le globe sur fond d'activité "anémique" dans les pays riches et d'affaiblissement des économies émergentes.

Le produit intérieur brut (PIB) mondial ne devrait progresser cette année que de 2,4%, marquant une stagnation par rapport à 2015 et une nette dégradation par rapport à janvier quand la Banque mondiale tablait encore sur 2,9% de croissance.

Chute des cours des matières premières

"L'économie mondiale est exposée à des risques majeurs", souligne la Banque mondiale dans son rapport semestriel, évoquant notamment les menaces "géopolitiques" et la volatilité financière. Pour 2017, l'institution de lutte contre la pauvreté se montre guère plus optimiste et abaisse sa prévision de 0,3 point de pourcentage, à 2,8%.

Ce regain de pessimisme est dû en grande partie à la chute des cours des matières premières (pétrole, minerais...) qui ampute les revenus de nombreux pays en développement, indique la Banque.

"Les marchés émergents et les pays en développement exportateurs de produits de base ont du mal à s'adapter à la faiblesse des cours du pétrole et d'autres produits essentiels", écrit l'institution. 

La croissance de ces pays devrait dès lors rester modeste cette année (3,5%), selon la Banque qui met par ailleurs en garde contre l'explosion des crédits au secteur privé.

Le dynamisme de l'Inde

Malgré un léger coup de mou, la Chine devrait continuer à croître solidement cette année (6,7%) tandis que le géant indien a, lui, le vent dans le dos (7,6%). Brésil et Russie devraient en revanche être frappés par des récessions "plus marquées" que prévu.

Du côté des pays riches, les États-Unis voient leur prévision de croissance sabrée de 0,8 point, à 1,9%, en raison de l'appréciation du dollar qui pèse sur les exportations et de la crise de l'industrie extractive, frappée de plein fouet par le pétrole bon marché. La zone euro devrait elle bénéficier d'un "élan modeste" qui maintiendra sa croissance cette année à 1,6%.

A.R. avec AFP