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L'avenir de Christine Lagarde au FMI en péril avec sa mise en examen

Le FMI est très pointilleux sur les questions d'éthique. Les Etats membres devront se prononcer sur le maintien de Christine Lagarde.

Le FMI est très pointilleux sur les questions d'éthique. Les Etats membres devront se prononcer sur le maintien de Christine Lagarde. - Thomas Samson - AFP

Après sa mise en examen, le maintien de Christine Lagarde à la direction générale du Fonds monétaire international n'est pas garanti. Les questions éthiques et politiques vont influer sur son avenir.

La directrice générale du FMI a été mise en examen mercredi pour négligence dans l'affaire de l'arbitrage en faveur de Bernard Tapie et du Crédit Lyonnais. Christine Lagarde a immédiatement déclaré qu'elle allait déposer un recours.

Interrogée par l'AFP pour savoir si elle entendait démissionner du FMI, l'ancienne ministre française de l'Economie a répondu: "non". "Je retourne travailler à Washington dès cet après-midi", a-t-elle précisé. Mais la question ne relève pas seulement de sa volonté: pour se maintenir à son poste, elle aura besoin du soutien de son conseil d'administration.

Une institution pointilleuse sur l'éthique

Aux termes mêmes de son contrat daté du 29 juin 2011, la directrice générale du Fonds monétaire international est tenue d'observer "les plus hauts standards de conduite, en conformité avec les valeurs d'intégrité, d'impartialité et de discrétion". Elle doit encore s'efforcer d'éviter jusqu'à "l'apparence" d'une irrégularité dans sa conduite.

Le FMI oblige même son n°1 à participer à des programmes internes d'éthique, comme chacun de ses agents. Il existe d'ailleurs un conseiller spécial pour l'éthique, qui veille à ce que les cadres dirigeants ne soient pas dans une situation de conflit d'intérêts. Une notion qui, même définie par un texte de l'OCDE, peut faire l'objet d'interprétations.

Des enjeux géopolitiques

A la lumière de l'ensemble de ces indications, que représente une mise en examen pour un délit passible d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende? L'avis du comité d'éthique peut être sollicité. Mais ce sont les actionnaires du FMI qui estimeront ce qu'il faut en faire.

Le conseil d'administration - c'est-à-dire les Etats membres en fonction de leurs droits de vote - se prononcera aussi en fonction de critères d'opportunité. Opportunité institutionnelle d'abord, en se demandant si l'organisation peut à nouveau se permettre une période de grave déstabilisation.

Opportunité politique ensuite: les Européens, et même les Américains, se risqueront-ils à désavouer une Européenne? Le cas échéant, cela conduirait probablement à perdre le poste en faveur d'un candidat d'un pays émergent. Justement, certains grands émergents vont-ils tenter, dès à présent, de pousser leur avantage? Les réponses à ces questions ne se trouveront pas dans un code d'éthique.

Benaouda Abdeddaïm