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Iran: "Ce serait une erreur de penser que Donald Trump souhaite la guerre" selon Pascal Boniface (IRIS)

La crise iranienne est aujourd'hui le principal risque de conflit dans le monde, assure Pascal Boniface, directeur et fondateur de l'IRIS, invité sur BFM Business.

Pascal Boniface, directeur et fondateur de l'IRIS, était l'invité de L'heure H sur BFM Business. Pour lui, la crise iranienne est aujourd'hui le principal risque de conflit dans le monde. "On a beaucoup parlé d'une guerre par accident dans la région quand il y a eu l'arraisonnement de bateaux par les Iraniens, et là on est monté d'un cran, avec la visée des installations qui étaient quand même au cœur de la puissance saoudienne et qui ont tout d'un coup fait stopper la moitié de la production saoudienne et 5% de la production mondiale de pétrole", explique-t-il.

"Le pari des pays occidentaux, mais aussi de la Russie et de la Chine, était, en signant l'accord sur le nucléaire le 14 juillet 2015, de donner une prime à [Hassan Rohani] (le président iranien, ndlr) en disant 'on te réintègre dans la communauté internationale, on va permettre à l'économie iranienne de se développer'. C'est l'échec. Rohani est mis en cause notamment par les Gardiens de la révolution (…) qui disent 'ta politique de négociation avec l'Occident elle n'a mené à rien, puisqu'on a finalement cédé sur notre programme nucléaire et on a rien du tout obtenu en échange' (…). En interne, Rohani est mis en cause parce qu'il n'avait pas délivré ce qu'il avait promis", poursuit-il.

Trump "n'est pas un va-t-en-guerre"

Donald Trump pourrait-il partir en guerre contre l'Iran? Pour Pascal Boniface, le président américain "réfléchit avant tout en considérations de politique intérieure. (…) Ne pas céder sur l'Iran, c'est populaire (…). Trump, s'il est brutal, n'est pas un va-t-en-guerre. Ça serait une erreur de penser qu'il souhaite la guerre, parce qu'il a très bien vu que les différentes interventions militaires auxquelles les Etats-Unis ont participé depuis la fin de la guerre froide ont été des échecs monumentaux qui ont coûté très cher. Il ne veut pas cela. Sa technique est plutôt de contraindre de faire un changement de régime par la contrainte économique en essayant de déstabiliser et d'étouffer financièrement" l'Iran.

J. B.