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Hollande demande à ce que l'embargo contre Cuba soit "définitivement levé"

Après l'annonce de la mort de Fidel Castro, le président de la République a appelé à ce que Cuba soit désormais "regardé comme un partenaire" alors que l'embargo commercial sur l'île pèse encore lourd.

François Hollande met la pression. Après avoir rendu hommage à Fidel Castro à la suite de l'annonce de la mort du "Lider Maximo", le président de la République française a appelé à ce que l'embargo sur Cuba soit totalement levé.

"Je veux, à l'occasion de la disparition de Fidel Castro, encore insister pour que l'embargo qui pénalise Cuba puisse être définitivement levé" et que "Cuba puisse être pleinement dans la communauté internationale, regardé comme un partenaire", a ainsi affirmé François Hollande à la presse lors du sommet de la francophonie à Antananarivo. 

Une "décision inacceptable"

"La France regarde toujours Cuba comme un partenaire", a ajouté le président français, qui avait été le premier chef d'État à se rendre à Cuba en mai 2015 après le rapprochement entre les États-Unis et La Havane quelques mois auparavant, en décembre 2014.

"Même si j'ai à plusieurs reprises dénoncé les manquements aux droits de l'Homme à Cuba, j'ai toujours considéré que l'embargo était une décision unilatérale inacceptable", a-t-il rappelé.

"Fidel Castro a été une grande figure du 20ème siècle. Il a suscité beaucoup d'espoir avec la révolution cubaine, il a été pour beaucoup de peuples d'Amérique latine - et pas seulement - à un moment une référence" même s'"il y a aussi eu des désillusions", a poursuivi François Hollande.

Un lourd tribut

Décrété par John Fitzgerald Kennedy en 1962 à la suite des expropriations décidées après la prise de pouvoir de Fidel Castro, l'embargo commercial des États-Unis contre Cuba avait été assoupli par l'administration Obama en 2014. 

Mais l'actuel président des États-Unis n'avaient pas réussi à convaincre le Congrès (à majorité républicaine) de le lever définitivement.

"Il y a, dans les deux partis, la volonté de (le lever) mais la masse critique n'a pas encore été atteinte", affirmait Barack Obama à CNN en mars dernier. "Je suis profondément convaincu qu'à un moment durant le mandat du prochain président, qu'il soit démocrate ou républicain, l'embargo sera effectivement levé car c'est cohérent pour nous de pouvoir vendre à Cuba, de faire des affaires avec les Cubains", avait-il ajouté. 

Cet embargo pèse lourd sur l'économie cubaine. En 2014, le gouvernement cubain assurait qu'il avait coûté 117 milliards de dollars de dommages économiques depuis son instauration. Et en 2015, les restrictions encore en place avaient pesé à hauteur de 4,68 milliards de dollars, toujours selon le gouvernement cubain.

Julien Marion avec AFP