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Fin de la guerre entre les deux Corées… sur les salaires

L'enjeu de la querelle était la hausse de salaire à Kaesong.

L'enjeu de la querelle était la hausse de salaire à Kaesong. - Kim Doo-ho AFP

Si les tensions entre Séoul et Pyongyang sont au plus haut, la Corée du Sud et celle du Nord ont tout de même réussi à s'accorder sur un point : le salaire minimum versé aux employés de Kaesong.

Un des nombreux points de friction entre les deux Corées est enfin réglé. La Corée du Sud a annoncé mardi être parvenue à un accord avec la Corée du Nord sur une hausse du salaire minimum versé aux employés nord-coréens dans la zone industrielle intercoréenne de Kaesong après six mois de querelle.

Cette annonce survient en dépit du regain de tensions sur la péninsule où Séoul accuse Pyongyang d'être responsable d'une attaque à la mine antipersonnel dans laquelle deux soldats sud-coréens ont été blessés.

Cette augmentation de 5% portera sur le salaire minimum de 70,35 dollars à 73,87 dollars mensuels, a précisé un porte-parole du ministère sud-coréen de l'Unification. Kaesong, située en Corée du Nord à une dizaine de kilomètres de la frontière, emploie environ 53.000 Nord-Coréens dans 120 entreprises manufacturières sud-coréennes.

Précieuse source de revenus

Le différend avait éclaté en février lorsque la Corée du Nord avait exigé une augmentation de salaire de 5,18% pour ces employés. La Corée du Sud disait que toute hausse salariale devait être le résultat d'une décision commune. Les deux parties sont convenues de discuter plus tard de l'augmentation résiduelle de 0,18%.

La zone industrielle est une précieuse source de revenus pour la Corée du Nord, qui conserve les salaires en devise forte versés à ses ressortissants. Elle ne leur en remet qu'une fraction en devise locale. Pour les entreprises sud-coréennes, s'installer à Kaesong représente la possibilité d'employer du personnel à bon compte, parlant le coréen, ainsi que d'obtenir des prêts à taux préférentiels et des remises d'impôts.

Kaesong est resté pendant longtemps imperméable aux soubresauts et tensions qui agitent régulièrement les relations entre les deux pays, toujours techniquement en guerre. Pyongyang avait cependant fermé le site au printemps 2013 pendant cinq mois, au plus fort de la dernière vague des tensions dans la péninsule, après un troisième essai nucléaire conduit par le Nord en violation des résolutions de l'ONU.

D. L. avec AFP