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Etats-Unis: et si aucun accord sur la dette n'était trouvé?

Dans les faits, les Etats-Unis peuvent encore tenir plusieurs jours avant de faire défaut.

Dans les faits, les Etats-Unis peuvent encore tenir plusieurs jours avant de faire défaut. - -

C'est en principe ce mercredi soir 16 octobre que les Etats-Unis doivent trouver un accord pour éviter le défaut de paiement. Mais de quelles armes disposera Barack Obama en cas de blocage persistant?

Le compteur tourne. Ce mercredi 16 octobre, républicains et démocrates ne disposent plus que de quelques heures pour trouver un accord pour relever le plafond de la dette américaine, la date butoir étant fixée par l'administration Obama au 17 octobre.

Passée cette date, les Etats-Unis ne pourront plus emprunter pour financer leurs dépenses. En pratique, que peuvent donc faire les autorités américaines pour passer outre un blocage?

> Que peut faire le gouvernement si aucun accord n'est trouvé ce mercredi?

Il a plusieurs options. Premièrement, il est toujours possible de faire bouger l'heure limite. Elle a été fixée par l'administration Obama au 17 octobre. Pourtant, elle peut être repoussée de quelques jours.

Si néanmoins le blocage restait absolu, Barack Obama a une autre possibilité. Constitutionnellement, il a le droit de prendre les choses en main et peut relever lui-même le plafond de la dette selon le 14ème amendement de la Constitution.

Jusque-là, Barack Obama a refusé cette option car il a estimé que la choisir reviendrait à remettre en cause la crédibilité des Etats-Unis et de leur parole.

> L'absence d'accord signifie-t-elle forcément un défaut américain?

"Il faut rappeler qu’un échec à relever le plafond de la dette n’implique pas forcément un tel évènement", rappellent les économistes de Natixis, dans une note. Les Etats-Unis ne feront défaut sur leur dette que s'ils n'honorent pas une échéance de remboursement.

Les adversaires d'Obama, le Tea Party notamment, avancent que les Etats-Unis ont encore de la marge. Dans leur note, les économistes de Natixis expliquent que la principale échéance budgétaire surviendra en fait le 31 octobre, avec un paiement d'intérêt de 6 milliards d'euros.

Même à cette date, Barack Obama aura pu décider de rationaliser les dépenses, de sorte de payer les charges d'intérêts en priorité, et éviter ainsi un défaut de paiement. Ce qui pourrait faire gagner un peu de temps, jusqu'à début novembre. Néanmoins, hiérarchiser les paiements ne sera pas sans poser un risque politique.

Jean-Bernard Cadier et Julien Marion