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En retard pour payer les salaires de nombreux fonctionnaires, la ville de Rio en cessation de paiement

"Il faudrait, avant de s'indigner, vérifier qu'ils (les invités, NDLR) étaient vraiment étrangers aux affaires de Renault-Nissan", estime l'avocat de Carlos Ghosn

"Il faudrait, avant de s'indigner, vérifier qu'ils (les invités, NDLR) étaient vraiment étrangers aux affaires de Renault-Nissan", estime l'avocat de Carlos Ghosn - Mauro Pimentel - AFP

La situation s'est brusquement aggravée lorsque la justice a ordonné le gel de 92 millions d'euros afin de payer les salaires en souffrance des fonctionnaires.

La ville de Rio de Janeiro est entrée dans une spirale infernale. Surendettée et en proie à une grève des services de santé depuis une semaine, en raison de salaires impayés, la première ville touristique du Brésil est entrée mardi en cessation de paiements "jusqu'à nouvel ordre", selon le Journal officiel municipal. La mairie a précisé dans un communiqué que la mesure, entrée en vigueur lundi après-midi, "était ponctuelle" et pouvait "être annulée à tout moment".

Tout s'est précipité quand en fin de semaine dernière, la justice a ordonné le gel de 420 millions de réais (environ 92 millions d'euros) sur les comptes municipaux pour assurer le versement de salaires impayés dans le secteur de la santé depuis plusieurs mois. Dans son communiqué, la mairie explique la cessation des paiements par la décision de justice qui l'oblige à geler les salaires.

"Il n'y a toujours pas de délai (pour la fin de la cessation de paiements). L'objectif est de mettre de l'ordre dans les comptes", a expliqué au journal O Globo le secrétaire aux Finances de la mairie, Cesar Barbiero, annonçant que le paiement du 13e mois de l'ensemble des employés municipaux avait été suspendu.

Demande d'aide

Pour autant, il apparaît que cette situation est le résultat des choix de l'équipe municipale de Marcelo Crivella, un ancien pasteur de la puissante Église universelle du Royaume de Dieu (néo-pentecôtiste).

Mercredi dernier, le Parquet de Rio a ainsi accusé l'administration Crivella d'avoir réduit à hauteur de 2,2 milliards de réais (environ 500 millions d'euros) les investissements dans le secteur de la santé depuis son entrée en fonctions, en 2017. En fait, même avant que la grève ne débute, la situation des hôpitaux était déjà critique, en raison du manque de matériel et de personnel soignant.

Le Parquet a souligné, par ailleurs, que le budget alloué aux dépenses publicitaires pour promouvoir la gestion de la municipalité avait presque doublé en 2019 par rapport à l'année précédente.

La semaine dernière, le maire Marcelo Crivella a demandé une aide financière à Brasilia. Le ministère de la Santé a promis de débloquer prochainement 152 millions de réais (environ 33 millions d'euros). Pas sûr que cela suffise à relancer la machine alors que le Carnaval de Rio doit débuter le 21 février prochain.

OC avec AFP