BFM Business

Tensions entre le Brésil et la France: "je ne ressens pas" d'impact négatif, assure la patronne d'Engie

Au cours des derniers jours, de fortes tensions diplomatiques ont éclaté entre le Brésil et la France. Mais Isabelle Kocher, directrice générale d'Engie, assure qu'elle ne ressent pas d'impact négatif de ces frictions sur l'activité de son groupe, très présent au Brésil.

Les échanges tendus de ces derniers jours entre le président français Emmanuel Macron et son homologue brésilien Jair Bolsonaro ne remettent pas en cause les investissements d'Engie. "Pas du tout", a assuré sa directrice générale Isabelle Kocher, invitée sur BFM Business ce mercredi 28 août dans l'émission Good Morning Business. D'ailleurs, la patronne du groupe énergétique français a expliqué à l'antenne que les tensions entre les deux pays n'avaient pas d'impact négatif pour son groupe. "Je ne le ressens pas", a-t-elle souligné.

Le Brésil est un marché stratégique pour le groupe français. En avril dernier, Engie avait annoncé le rachat au groupe brésilien Petrobras de Transportadora Associada de Gás (TAG), qui est le plus grand propriétaire de réseau de transport de gaz naturel du pays, pour 8,6 milliards de dollars (7,76 milliards d'euros environ). "Nous sommes au Brésil depuis presque 30 ans. Le Brésil c’est un des pays phares d’Engie. Nous y sommes le premier acteur non brésilien, en termes de production d’hydroélectricité", a détaillé la patronne d'Engie. Et de poursuivre : "Mais nous sommes un groupe international d’abord, avec une stratégie qui consiste partout où nous sommes à inviter des partenaires locaux. Nous travaillons avec des acteurs brésiliens pour faire grandir la production d’énergie renouvelable au Brésil".

Depuis plusieurs jours, et notamment pendant le G7 qui se tenait à Biarritz du 24 au 26 août, le président brésilien Jair Bolsonaro et ses proches ont enchaîné les invectives et les insultes à l'encontre d'Emmanuel Macron ou de son entourage. C'est le revirement du président français sur l'accord du Mercosur qui a mis le feu aux poudres. Alors que l'Amazonie est en proie à d'importants incendies, Emmanuel Macron a indiqué qu'il ne signerait pas l'accord de libre-échange du Mercosur négocié entre l'Union européenne et un groupe de pays d'Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), si le Brésil ne respectait pas ses engagements climatiques et en matière de biodiversité. 

Le G7 est un "succès" selon Isabelle Kocher

Malgré ce contexte tendu, Isabelle Kocher s'est pourtant montrée particulièrement positive sur le dernier sommet du G7 à l'antenne de BFM Business. "C’est un succès ce G7 et franchement on pouvait avoir des doutes là-dessus La situation était chaotique et ça a plutôt été un G7 de l’apaisement. La France était le seul pays à pouvoir jouer ce rôle-là compte tenu de sa place sur la scène internationale et du poids de son président", a assuré la patronne d'Engie.

"C’est évidemment une très bonne chose au-delà d’Engie. C’est une très bonne chose tout court. Les défis qui sont devant nous sont des défis planétaires. Donc la fragmentation du monde, le repli, c’est exactement l’inverse de ce qu’il faut. Donc c’est une très bonne chose pour notre pays et beaucoup plus que cela, c’est très bon pour la planète", a-t-elle ajouté.

J. C-H