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En images: 2015, l'année de toutes les transformations

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De la loi Macron en France à la crise grecque en passant par l'irruption d'Uber dans le monde et les turbulences chez Air France, l'année qui vient de s'écouler aura été marquée par des décrochages violents.

Une zone de décrochement. Voilà comment les sismologues appellent ces zones où deux plaques continentales coulissent l'une contre l'autre. Ces déplacements sont la source de puissants séismes, car les frottements survenant entre les plaques le long d’une faille épaisse sont relativement rugueux.

Et cette zone de décrochement symbolise parfaitement l'économie en 2015. Le terme "disruption" qu'on aura beaucoup entendu tout au long de l'année ne dit pas autre chose. Un monde qui se transforme, des économies administrées en souffrance, des populations qui redoutent le changement, des inégalités qui ne cessent de se creuser et une troisième révolution industrielle (celle du numérique) qui crée autant de valeur qu'elle ne détruit d'emplois. 

Comme dans la tectonique, les séismes ont été nombreux et particulièrement violents. Des manifestants qui ont cet été embrasé le ciel athénien, aux chauffeurs de taxis qui ont mis à sac des véhicules Uber en passant par les salariés d'Air France déchaînés qui s'en sont pris à leur directeur des ressources humaines, les exaspérations ont marqué l'année tant dans la rue que dans les urnes.

Google ou Facebook embauchent moins que n’importe quelle firme automobile

Pourquoi tant de colère? Car on demande aux gens de quitter un monde douillet et confortable (celui du CDI, des carrières linéaires, des professions réglementées, des emplois dans l'industrie...) pour un nouveau plein d'incertitude. Un monde peut-être sans croissance ni emploi. C'est en tout cas l'une des thèses exposées par Daniel Cohen dans son livre "Le Monde Est Clos Et Le Désir Infini". La croissance née avec la première révolution industrielle a-t-elle été tuée par la troisième, celle du numérique, d'internet, des smartphones et demain des robots? C'est ce que pense l'économiste Robert Gordon. Selon lui "l’informatisation de la société a produit une secousse importante mais éphémère. Du point de vue du consommateur, les grandes inventions tournent autour de la personnalité de Steve Jobs et de sa série des iPod, iPhone, iPad. Elles sont belles, miniaturisées, ludiques mais leur portée ne se compare pas à celles qui les ont précédées." 

Car comme le note Daniel Cohen, "Internet offre des services qui ne nous coûtent rien, ce qui est bien pour le pouvoir d’achat. La mauvaise nouvelle est qu’il ne génère pas d’emplois. Google, Facebook ou Twitter embauchent à elles seules trois fois moins que n’importe quelle firme automobile aujourd’hui encore!" Sans parler de Blablacar, d'Uber, d'AirBnB ou de la multitude de sites de l'économie du partage qui "uberisent" l'économie pour le plus grand bonheur des consommateurs mais sans doute au détriment des salariés.

Pour les hérauts de cette nouvelle économie comme Nicolas Colin ou Frédéric Mazzella, le créateur de Blablacar, l'argent économisé par ces nouveaux services numériques sera dépensé autrement et réinvesti ailleurs. 

Mais pour ça, il faudra sans doute un élément qui aura fait cruellement défaut à l'année 2015: de la confiance.

Frédéric Bianchi