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Des salariés d'une banque chinoise victimes de châtiments corporels

Une vidéo montre des employés de la Changzhi Zhangze Rural Commercial Bank fessés en public. Face au tollé provoqué par sa diffusion sur les réseaux sociaux, des hauts dirigeants de la banque ont été suspendus.

En Chine, lorsque certains salariés ne réalisent pas du bon travail, ce n'est pas un blâme qu'ils risquent mais… une fessée! Une vidéo, diffusée sur la page Facebook du Quotidien du Peuple, montre des salariés d'une banque chinoise, la Changzhi Zhangze Rural Commercial Bank, se faire corriger à coup de bâton sur leur arrière-train pour leurs mauvaises performances.

L'enregistrement montre huit salariés, quatre hommes et quatre femmes, alignés sur scène et sommés de justifier à leur formateur pourquoi ils sont arrivés derniers à une compétition. "Je n'ai pas réussi à me dépasser", "nous avons manqué de cohésion", répondent les employés visés. "Préparez vos derrières!", hurle alors le bourreau, avant d'asséner plusieurs frappes avec ce qui semble être une épaisse pagaie en bois.

Une femme essayant de protéger son postérieur avec ses mains se voit fermement ordonner de les enlever. On l'entend ensuite pousser des cris aigus à chaque coup qu'elle reçoit. Pour d'autres participants, la punition s'est traduite par la tonte des cheveux, ont assuré sous couvert d'anonymat des employés de la banque, cités par plusieurs médias chinois.

"Ce ne sont pas des esclaves"

Cette vidéo pour le moins choquante a provoqué une vive polémique. Le formateur "doit être malade", s'est désolé un utilisateur du site de microblog chinois Sina Weibo, soulignant que les participants devraient uniquement avoir une relation employés-employeurs avec la banque. "Ce ne sont pas des esclaves de l'Antiquité", s'est-il indigné. Un autre internaute a estimé la fessée "perverse" et affirmé: "Les employés ont une dignité!".

Le journal Beijing Times a annoncé mardi que des hauts dirigeants, dont le président et le responsable du Parti communiste de la banque, basée à Changzhi, dans la province du Shanxi (nord), ont été suspendus pour "avoir omis de mener des contrôles adéquats sur le programme de formation".

Les autorités locales ont également ordonné au formateur, issu d'une entreprise de consulting de Shanghai, de faire des excuses publiques "pour son comportement inapproprié".

D. L. avec AFP