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Décourageur de maîtresses, un métier qui fait fureur en Chine

La mission de ces conseillers conjugaux d'un nouveau genre: casser les relations extra-conjugales en incitant les maîtresses à abandonner leur amant. Une expertise très recherchée dans ce pays où le nombre de divorces pour infidélité explose.

Ce sont des conseillers conjugaux d'un nouveau genre. Mais leur expertise séduit de nombreux Chinois. Leur mission: sauver les mariages mis en péril par des maris adultères, rapporte le China Daily. Comment? En convainquant les maîtresses de renoncer à la relation extra-conjugale qu'elles entretiennent avec des hommes mariés.

Ces experts en manipulation parviennent à les persuader qu'avoir séduit un homme marié est moralement condamnable. Que la famille touchée va exploser et que c'est l'enfant unique du couple qui en pâtira. A la fois enquêteur, paparazzi et acteur mélodramatique, le "décourageur de maîtresse", du nom de cette nouvelle profession, va tout faire pour la détourner de l'homme marié.

Ce nouveau métier nécessite d'acquérir des compétences. Des formations dédiées ont d'ailleurs vu le jour. Et elles coûtent cher: 45.000 euros pour six mois de cours! Mais le business semble très rentable: les conseillers facturent près de 37.000 euros par dossier. Les plus talentueux encaissent jusqu'à 150.000 euros par an. 

Une maîtresse "coûte" 6.000 dollars par mois

Le phénomène est tel que l'association chinoise du mariage et de la famille a plaidé, à l'occasion du sommet qu'elle organisait du 10 au 12 octobre, pour une régulation de cette nouvelle profession. Les techniques de dissuasion dépendent aujourd'hui de l'appréciation des différentes sociétés qui s'adonnent à ce business, or certaines n'hésiteraient pas à employer des méthodes musclées et peu légales, comme le harcèlement et la surveillance.

En Chine, de l'eau a coulé sous les ponts depuis l'interdiction des concubines par Mao en 1949, reliquat du féodalisme, selon lui. Aujourd'hui, les concubines sont un signe de prospérité comme un autre chez les riches et certains officiels, souligne le site marketing Chine. "Avoir une maîtresse, c'est un peu comme jouer au golf, ce sont deux hobbies coûteux", expliquait un businessman au New York Times. L'homme d'affaires indiquait que l'étudiante de 20 ans avec laquelle il entretenait une liaison lui coûtait plus de 6.000 dollars par mois. Une frénésie de l'adultère dont attestent les journaux et leur abondance d'articles croustillants sur les détournements de fonds destinés à gâter les maîtresses et les vengeances d'épouse à base d'huile bouillante.

En parallèle, le nombre de divorce ne fait qu'augmenter en Chine, de 13% sur la seule année 2014 selon Chine-informations. Dans 80% des cas, à cause d'une relation extra-conjugale. Y mettre fin suffit-il à rabibocher un couple? Les experts manquent encore de recul pour trancher ce délicat débat.

Elisabeth Hu, édité par N.G.