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Cuba, l'eldorado des biotechs françaises

La biotech française Abivax collabore avec des chercheurs cubains depuis quatre ans.

La biotech française Abivax collabore avec des chercheurs cubains depuis quatre ans. - BFM Business

François Hollande est le premier président français à se rendre à Cuba depuis 1898. Les entrepreneurs, eux, n'ont pas attendu le réchauffement des relations pour faire du business dans le pays, en particulier dans la recherche médicale.

François Hollande est à Cuba depuis dimanche. Il est le premier président français à visiter le pays depuis son indépendance, en 1898. Un signal d'ouverture, alors que Cuba a entamé un rapprochement avec les Etats-Unis.

Les entrepreneurs, eux, n'ont pas attendu les poignées de main politiques. En particulier dans le secteur de la santé. Les chercheurs et les médecins cubains sont réputés dans le monde entier. Depuis plusieurs années, une biotech française a choisi de travailler avec eux.

A l'ouest de la Havane, un immense centre de recherche en biotechnologies. C'est ici qu'Abivax, cette française spécialisée dans l'industrie biotechnologique, a choisi de développer deux traitements: un qui pourrait guérir l'hépatite B chronique, et un autre contre le sida.

La recherche y respecte les exigences mondiales. "Tout est certifié par les normes ISO. Et tous les deux ans, il y a un nouvel audit, pour renouveler cette certification", souligne le docteur Gerardo Guillen Nieto, le directeur de recherche biomédicale sur place.

Si le secteur de la biotechnologie est en pointe à Cuba, c'est lié à une décision politique, prise par Fidel Castro à son arrivée au pouvoir. Le fils du Lider Maximo, Fidelito Castro, également conseiller scientifique du gouvernement cubain, raconte:

"Depuis que Obama et Raul se sont parlé, on nous traite beaucoup moins de fous"

"Le leader historique de la révolution, Fidel, a eu le projet en 1960 de faire de Cuba un pays de sciences. Il a concentré les ressources financières et humaines du pays sur quelque chose qui a une grande importance, surtout pour le bien être de la population cubaine."

Aujourd'hui, Cuba est capable de fabriquer un tiers des molécules présentes dans les médicaments du monde. Mais le pays est isolé. Vendre ses traitements à l'étranger reste difficile. Un partenariat avec une biotech française, c'est une porte qui s'ouvre.

Pour cette dernière, le pari de faire affaire avec Cuba était risqué. "Beaucoup de gens nous ont dit, il y a quatre ans, mais vous êtes fous d'aller à Cuba, l'embargo, vous ne pourrez pas travailler avec les Etats-Unis, les investisseurs ne vous suivront pas", se souvient le président d'Abivax, Philippe Pouletty. "Depuis que Obama et Raul se sont parlé, on nous traite beaucoup moins de fous", s'amuse-t-il.

Autre gros avantage pour Abivax: les coûts. Les salaires des chercheurs sont autour de 50 euros par mois. La biotech vise un premier chiffre d'affaires dans deux ans, avec la commercialisation du traitement contre l'hépatite B chronique. Celui contre le sida doit arriver deux ans plus tard.

Dorothée Balsan, édité par N.G.