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Ce que coûterait une sortie du Royaume-Uni de l’UE

David Cameron a promis un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, en cas de réélection.

David Cameron a promis un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, en cas de réélection. - Toby Melville - AFP

Alors qu’un référendum est toujours prévu sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, une étude de la fondation Bertelsmann estime que le pays aurait beaucoup à perdre en cas de sortie. Tout comme beaucoup de ses partenaires…

Le rapport pourrait aisément faire office de mise en garde. Alors que David Cameron a promis, en amont des élections législatives du 7 mai, la tenue d'un référendum sur le maintien du pays dans l'UE d'ici 2017, une étude de la Fondation Bertelsmann, publiée lundi 27 avril, pointe les dangers d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Ce scénario coûterait ainsi très cher au pays mais aussi à ses partenaires, certains comme l'Irlande, le Luxembourg et la Belgique ayant plus à perdre que d'autres, selon l’étude. Le Royaume-Uni lui-même serait le plus affecté, avec, à l'horizon 2030, un différentiel de Produit intérieur brut (PIB) par habitant pouvant aller, dans le pire des scénarios, jusqu'à 14% par rapport à ce qu'il serait en restant dans l'UE. Les économies que pourrait réaliser Londres en ne contribuant plus au budget européen ne compenseraient en aucun cas le manque à gagner.

La France pénalisée

Avec le concours de l'institut de recherche économique Ifo de Munich, les chercheurs de la fondation allemande ont évalué les effets d'un "Brexit", nom communément donné à une sortie du Royaume-Uni de l'UE. Ils ont retenu plusieurs scénarios d'isolation, d'une situation où le pays continuerait à participer aux échanges européens, comme la Suisse, à une perte de tous les privilèges commerciaux liés à l'appartenance à l'UE.

Dans tous les cas de figure, les partenaires de Londres seraient perdants aussi, à commencer par l'Irlande, avec un différentiel compris entre 0,8% et 2,7% de son PIB par habitant d'ici 2030. Le Luxembourg, la Belgique et la Suède seraient parmi les autres pays les plus touchés. Pour la France le différentiel serait compris entre 0,06% et 0,3% de PIB par habitant.

A ces effets purement commerciaux viendraient s'ajouter d'autres effets économiques, comme les répercussions d'une perte d'attractivité de la place financière londonienne - ce qui pourrait profiter à certains autres centres européens - et un effet budgétaire, avec une répartition entre les membres restants de l'UE de la contribution britannique au budget de l'UE. Pour l'Allemagne ce seul effet serait de 2,5 milliards d'euros par an, pour la France de 1,9 milliard d'euros, selon les chercheurs.

Y.D. avec AFP