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Brexit: les Britanniques se ruent dans les bureaux de change

Une pro-"Bremain" tenant un panneau appelant à voter pour le maintient du Royaume-Uni dans l'Union européenne jeudi

Une pro-"Bremain" tenant un panneau appelant à voter pour le maintient du Royaume-Uni dans l'Union européenne jeudi - Niklas Hallen - AFP

Alors que le référendum sur l'appartenance au Royaume-Uni se profile, les sujets de sa Majesté échangent massivement des devises étrangères pour se prémunir d'une éventuelle dégringolade de la livre sterling, rapporte le Spiegel. Et les fonds d'investissement gardent du cash en réserve.

J-1 avant le vote fatidique sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne. Les Britanniques opteront-ils pour le Brexit ou à l'inverse pour le "Bremain"? On le saura au plus tard vendredi. En attendant, la perspective de dire "Goodbye" à l'Europe inquiète de nombreux sujets de sa Majesté. Il faut dire que bon nombre de responsables politiques et économiques ont affirmé que le Brexit entraînerait une véritable catastrophe économique. Mardi 21 juin, le célèbre investisseur George Soros prédisait dans le Guardian un "vendredi noir" sur les marchés si le Brexit lsurviendrait alors et que la livre sterling pourrait perdre plus de 20% de sa valeur face au dollar.

Les Britanniques redoutent cette éventualité. Preuve en est, selon le magazine allemand Der Spiegel, ils sont nombreux à se précipiter pour troquer leur livre sterling contre des euros ou des dollars. Le célèbre média d'outre-Rhin rapporte ainsi que les bureaux de la poste britannique ont vu leur activité de change bondir de 74% depuis le week-end dernier, par rapport à la même période, l'an passé. Sur le portail internet de la poste, la demande en devises étrangères à même explosé de 380%.

Des fonds d'investissements qui prennent peur

La peur n'est pas seulement palpable chez les citoyens britanniques. Le Spiegel explique ainsi que les fonds d'investissements britanniques sont en train de mettre en réserve du cash pour faire face à d'éventuelles fuites de capitaux. À fin mai, le niveau de cash détenu par ces fonds avait atteint un plus haut depuis novembre 2011.

Autre victime collatérale du scrutin, les sites de transfert d'argent vers l'étranger. Dans un email adressé à ses clients, l'entreprise Azimo explique avoir pris la "regrettable décision d'interrompre temporairement ses services jeudi à partir de 18h". L'entreprise, qui n'avait jamais été contrainte à une telle décision, invoque "les circonstances sans précédentes" posées par le référendum. Auparavant, Transferwise avait également annoncé suspendre ses services de vendredi jusqu'au résultat du vote.

Il n'en reste pas moins pour l'heure que les derniers sondages donnent le "Bremain" en tête d'une courte tête. Selon la moyenne des six derniers sondages calculée par le site WhatUKThinks, le maintien dans l'UE l'emporte à 51% contre 49% dans les intentions de vote.

J.M.