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Brexit : aucune avancée à Bruxelles

La rencontre entre Theresa May et Jean-Claude Juncker,  jeudi 7 février à Bruxelles, n'a débouché sur aucun résultat.

La rencontre entre Theresa May et Jean-Claude Juncker, jeudi 7 février à Bruxelles, n'a débouché sur aucun résultat. - ARIS OIKONOMOU / AFP

C'est toujours l'impasse dans le dossier du Brexit. Certes, l'Union européenne va continuer à travailler avec Theresa May pour éviter une sortie de l'UE sans accord, mais la Première ministre britannique n'a obtenu aucune modification de l'accord de retrait.

La poignée de main a été brève, prononcée sans un mot. Le communiqué conjoint publié à l’issue de la rencontre entre Theresa May et Jean-Claude Juncker a beau évoquer une conversation « musclée mais constructive », en réalité, la rencontre entre les deux dirigeants n'a débouché sur aucune avancée concrète.

Bruxelles est restée ferme

Theresa May réclamait une modification du filet de sécurité (« backstop » en anglais). Cette disposition du traité de retrait, destinée à éviter le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande, est la principale source de blocage à la Chambre des Communes. Les députés britanniques redoutent que le Royaume-Uni ne se retrouve piégé indéfiniment dans l'Union douanière. Londres proposait soit une limite dans le temps, soit une sortie unilatérale décidée par le Royaume-Uni, ou bien l'utilisation de technologies pour des contrôles douaniers dématérialisés. Mais l'UE est restée ferme : pas question de renégocier le fameux « backstop ». 

Les discussions continuent

Seul lot de consolation accordé à Theresa May : les discussions vont se poursuivre entre Londres et Bruxelles. Michel Barnier rencontrera lundi prochain le ministre britannique du Brexit, Stephen Barclay et Theresa May se réunira à nouveau avec Jean-Claude Juncker avant la fin du mois.

Objectif : tenter de « voir s’il est possible de trouver un moyen » d’éviter une sortie sans accord, même si, en l'absence d'alternative crédible au « backstop », ce scénario semble a priori inéluctable. Pourtant, cette possibilité est rejetée par une majorité de députés à la Chambre des Communes. Le Parlement britannique a même exprimé par le vote d’un amendement son opposition à un « No deal » le 22 janvier dernier.

Le retour du Brexit au Parlement 

Le dossier revient justement à la Chambre des Communes jeudi prochain. Les députés britanniques pourront alors remettre sur la table les options d'un report du Brexit ou d'un deuxième référendum, sauf dans l'hypothèse, très improbable, où Theresa May obtiendrait des concessions de Bruxelles d'ici là. Mais pour l’heure, la Première ministre britannique promet que le Brexit aura lieu « dans les temps », le 29 mars prochain.

Delphine LIOU avec AFP et Reuters