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Brexit : à la recherche d'un impossible consensus

la Première ministre britannique Theresa May, a entamé ce mercredi des tractations à Downing street avec les leaders des partis politiques pour dégager un consensus autour du Brexit.

la Première ministre britannique Theresa May, a entamé ce mercredi des tractations à Downing street avec les leaders des partis politiques pour dégager un consensus autour du Brexit. - TOLGA AKMEN / AFP

Theresa May a survécu à la motion de défiance déposée par les Travaillistes, mais elle doit désormais affronter une nouvelle épreuve : trouver un Plan B au Brexit d’ici à lundi. La Première ministre est en pleine consultation avec les partis politiques.

À chaque jour sa peine pour Theresa May. Après avoir survécu à la motion de défiance déposée par le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, La cheffe du gouvernement britannique doit désormais s’atteler à une mission presque impossible : trouver un Plan B au Brexit après le rejet massif ce mardi du plan négocié avec Bruxelles. Ce "plan B" sera dévoilé lundi prochain et débattu pendant une journée avant d'être soumis au vote des députés.
Après avoir snobé la Chambre des Communes pendant un an et demi, elle s'est finalement résolue à entamer des discussions avec les députés pour tenter de dégager un consensus sur le dossier.

Le Labour pose ses conditions

Après avoir rencontré ce mercredi les chefs des libéraux démocrates, des nationalistes écossais du SNP et du parti nationaliste gallois Plaid Cymru, Theresa May devait s’entretenir ce jeudi avec des eurosceptiques de son Parti conservateur et son allié nord-irlandais, le petit parti DUP. En revanche, les tractations s’annoncent difficiles avec le parti travailliste.

Pour vraiment entamer le dialogue, Jeremy Corbyn exige de Theresa May qu’elle exclue formellement un divorce sans accord, un scénario qui inquiète les milieux économiques, mais que la Première ministre Theresa May a jugé jeudi soir « impossible » d'écarter.
Le leader du Labour exige également qu’elle « abandonne ses lignes rouges ». Il fait ainsi allusion à la sortie de l'union douanière européenne qui va permettre, d’une part de mettre fin à la liberté de circulation des citoyens européens et d’autre part de mener une politique commerciale indépendante après le Brexit.

Une majorité pour une union douanière ?

Pourtant, une majorité transpartisane semble se dessiner à la Chambre des Communes autour du maintien dans une union douanière ou autour d’un accord qui conserverait des liens étroits avec l’Union européenne. L’option du maintien dans l'union douanière est défendue par le parti travailliste mais pourrait aussi séduire des conservateurs europhiles.

Mais si Theresa May décidait finalement de renoncer à cette ligne rouge, elle prendrait le risque de se mettre à dos les députés et les membres de son gouvernement qui souhaitent une rupture nette avec l’UE, avec à la clé un possible éclatement du parti tory et d'éventuelles nouvelles démissions au sein de son cabinet. La cheffe du gouvernement devrait donc faire un choix cornélien entre « l’intérêt national » et la préservation d’un parti auquel elle se consacre depuis 25 ans.

Un nouveau référendum, l'option qui monte

Plus de 170 figures du monde économique ont par ailleurs réclamé un nouveau référendum dans une tribune publiée ce jeudi par le quotidien The Times, « seul moyen » d'éviter selon eux une sortie de l'UE sans accord. Jusqu’à présent, Theresa May a toujours exclu une nouvelle consultation, une option défendue par les nationalistes écossais du SNP et les Gallois du Plaid Cymru, ainsi que par les europhiles du Parti libéral-démocrate et les Verts.

Le leader du parti travailliste lui est moins enthousiaste, mais n’a pas exclu cette éventualité, après l’échec de la motion de censure qui a enterré la possibilité d’élections législatives anticipées. « Si le gouvernement reste intransigeant, si le soutien au choix que présente le Labour est bloqué par des intérêts de parti, si le pays risque le désastre potentiel d'un 'no-deal', alors notre devoir est de regarder les autres options (...) notamment celle d'un vote » a expliqué le dirigeant travailliste ce jeudi lors d’une réunion à Hastings.

Les Britanniques voteraient aujourd’hui à 56% contre 44% en faveur d'un maintien de leur pays dans l'UE si la question leur était à nouveau posée, selon un sondage YouGov. L’adhésion au camp du « remain » est au plus haut depuis le choc du référendum de juin 2016.

En attendant, du côté de Bruxelles, les dirigeants de l'UE ont appelé Londres à clarifier sa position, mais l'hypothèse d'un report du Brexit n'est plus taboue des deux côtés de la Manche.